Chine: Les internements forcés en hôpital psychiatrique désormais interdits

avec AFP

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Les internements forcés dans les hôpitaux psychiatriques, trop facilement utilisés pour faire taire les opposants, sont désormais interdits en Chine, l'accord du patient devenant obligatoire, a rapporté ce jeudi la presse officielle.

Une nouvelle loi - la première du genre sur la santé mentale en Chine - est entrée en vigueur mercredi et répond indirectement aux accusations des défenseurs des droits de l'Homme selon lesquels plusieurs centaines de milliers de personnes sont internées contre leur gré chaque année en Chine.

«Empêcher les hôpitaux psychiatriques d'admettre des patients contre leur gré»

La nouvelle loi «est destinée à empêcher les hôpitaux psychiatriques d'admettre des patients contre leur gré, une pratique qui a provoqué l'indignation publique dans le passé et suscité des accusations d'internements forcés», a rapporté en Une le quotidien officiel Global Times. Désormais, selon la loi, «les établissements psychiatriques chinois devront obtenir le consentement des patients souffrant de maladies mentales avant de les prendre pour suivre un traitement».

Ces hôpitaux devront également avoir l'autorisation des patients pour leur administrer un traitement et respecter leurs éventuelles demandes de quitter l'établissement. La loi ne s'appliquera pas toutefois à «ceux dont les conditions sont suffisamment graves pour justifier un placement d'office ou qui présentent un danger pour eux-mêmes ou pour les autres», relève le journal.

Des centaines de milliers d'internements forcés par an

L'organisation de défense des droits de l'homme Chinese Human Rights Defenders (CHRD) avait affirmé en août l'an dernier dans un rapport que, parmi les centaines de milliers d'internements forcés chaque année, figuraient nombre d'activistes, dissidents ou «pétitionnaires», des Chinois demandant réparation d'une injustice locale.

Les puissants potentats locaux abusent ainsi du système pour se débarrasser des gêneurs, accusait le rapport, ajoutant que ces internés de force, privés de contacts avec leurs familles ou leurs avocats, étaient soumis à des traitements médicaux contre leur gré et à des électrochocs. Mais un psychiatre cité par le Global Times, Zhang Xinkai, du Centre de santé mentale de Shanghai, déplore que la loi ne fixe «que les principes généraux», sans détailler «comment obtenir le consentement d'une personne potentiellement malade mentalement». La nouvelle loi sur la santé mentale concerne 16 millions de personnes en Chine, selon le journal.