Thaïlande: Six personnes dont un enfant tués dans une fusillade

avec AFP

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Six personnes dont un enfant de trois ans ont été tuées lors d'une fusillade dans l'extrême sud de la Thaïlande en proie à une insurrection séparatiste, a indiqué un haut responsable ce jeudi, assurant que les négociations de paix se poursuivaient.

Quatre hommes en uniforme des forces de sécurité thaïlandaises ont ouvert le feu mercredi soir sur un groupe de villageois devant une épicerie dans la province de Pattani, l'une des trois placées sous état d'urgence, a précisé Paradorn Pattanatabut, chef du Conseil de sécurité nationale. «Je déplore cet acte de brutalité contre des civils, dont des enfants», a-t-il déclaré à l'AFP, ajoutant qu'une personne avait été blessée. Le groupe responsable de l'attaque ne s'est pas identifié mais a laissé une note évoquant une vengeance après la mort de certains de ses membres.

5.500 morts depuis 2004

L'insurrection a fait plus de 5.500 morts depuis 2004, frappant indistinctement bouddhistes et musulmans dans cette région rattachée à la Malaisie jusqu'au début du 20e siècle. Les insurgés, des musulmans, ne font pas partie d'un mouvement jihadiste mondial, mais se rebellent contre ce qu'ils vivent comme une discrimination contre la population d'ethnie malaise et de confession islamique, dans un pays essentiellement bouddhiste.

Deux séances de pourparlers inédits ont eu lieu en mars et avril en Malaisie entre Bangkok et des représentants de l'un des groupes armés sévissant dans la région, le Barisan Revolusi Nasional (BRN, Front national révolutionnaire). Mais les attaques ont continué sans répit, soulevant des questions sur le choix du BRN comme interlocuteur. Une nouvelle rencontre est cependant prévue le 13 juin.

Des prospectus apparemment rédigés par un groupe lié au BRN ont d'autre part été distribués dans des mosquées et marchés de la province voisine de Yala jeudi. «Six morts à Pattani, c'est une leçon pour les Thaïlandais, pour qu'ils se souviennent que nous tuerons tout le monde, y compris les femmes et les enfants. Nous nous battrons pour notre mouvement BRN et forcerons les Thaïlandais à accepter nos demandes», pouvait-on lire. Dimanche, des rebelles impliqués dans les négociations avaient réclamé la «libération» du sud du pays.