Japon et Russie promettent des efforts sur les Kouriles

Avec Reuters

— 

La Russie et le Japon se sont engagés ce lundi à accroître leurs efforts diplomatiques pour tenter de trouver une solution au contentieux des îles Kouriles qui oppose les deux pays depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Moscou et Tokyo revendiquent la propriété de cet archipel qui forme une ligne en pointillés sous administration russe entre la pointe méridionale du Kamtchatka et l'île japonaise septentrionale d'Hokkaïdo.

Cette dispute territoriale a empêché les deux Etats de signer un traité de paix en 1945. «Nous avons donné instruction à nos ministères des Affaires étrangères d'établir des contacts pour travailler à la mise au point d'options mutuellement acceptables», a déclaré Vladimir Poutine après des discussions avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe.

Premier sommet entre Russie et Japon

Ni le président russe, ni le chef du gouvernement japonais en visite à Moscou, n'ont indiqué que leurs entretiens aient marqué un progrès en vue d'une solution. Il s'agit du premier sommet entre Russie et Japon depuis une décennie.

Abe espérait également recevoir de Moscou une proposition de participation à la construction d'un gazoduc reliant les sites d'exploitation gaziers dans l'est de la Sibérie à un complexe que prévoit de créer la société nationale Gazprom à Vladivostok pour un montant de 38 milliards de dollars.

Poutine a en partie déçu les attentes de son hôte, annonçant que Gazprom était prêt à aider le Japon dans toutes nouvelles constructions destinées à ses importations gazières. En revanche, le chef de l'Etat russe n'a pas fait mention d'une participation nippone aux projets d'exploitation en Russie.

Influence croissante de la Chine

Le Japon, premier importateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL), cherche depuis deux ans à diversifier ses importations d'hydrocarbures et à réduire leur coût. Les achats nippons dans ce secteur se sont envolés après l'arrêt quasi complet de la production d'énergie nucléaire consécutif à la destruction de la centrale nucléaire de Fukushima par un séisme et un tsunami en mars 2011.

Moscou cherche pour sa part à affermir sa présence en Asie afin de tempérer l'influence croissante de la Chine dans cette partie du monde, sans toutefois remettre en cause les bonnes relations avec Pékin. La Russie pourrait utiliser les devises et le savoir-faire japonais pour développer la partie orientale de son territoire, très fortement enclavée.