Turquie: La condamnation pour blasphème du pianiste Fazil Say annulée

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Une cour d'Istanbul a annulé vendredi la condamnation controversée à dix mois de prison avec sursis prononcée contre le pianiste turc Fazil Say, reconnu coupable d'insulte à l'islam, ouvrant la voie à un nouveau procès, a rapporté l'agence de presse Anatolie.
Une cour d'Istanbul a annulé vendredi la condamnation controversée à dix mois de prison avec sursis prononcée contre le pianiste turc Fazil Say, reconnu coupable d'insulte à l'islam, ouvrant la voie à un nouveau procès, a rapporté l'agence de presse Anatolie. — Fred Dufour AFP

Une cour d'Istanbul a annulé ce vendredi la condamnation controversée à dix mois de prison avec sursis prononcée contre le pianiste turc Fazil Say, reconnu coupable d'insulte à l'islam, ouvrant la voie à un nouveau procès, a rapporté l'agence de presse Anatolie.

La peine infligée le 15 mai dernier à l'artiste pour avoir publié des tirades provocatrices contre les musulmans sur Twitter a suscité de nombreuses critiques qui ont dénoncé une atteinte à la liberté d'expression. Saisie par l'avocat de Fazil Say, la cour a estimé vendredi que le tribunal qui a prononcé le premier jugement souffrait de «vices de procédure» et renvoyé l'affaire vers un autre tribunal de la mégapole turque.

Une condamnation «inquiétante pour la liberté de convictions et d'expression en Turquie»

«Davantage que pour ma personne, cette condamnation, alors que je n'ai commis aucun crime, est inquiétante pour la liberté de convictions et d'expression en Turquie», avait déploré Fazil Say après sa condamnation. Le vice-Premier ministre du gouvernement islamo-conservateur au pouvoir en Turquie depuis 2002, Bülent Arinç, avait approuvé le jugement, estimant que «si vous insultez les croyances des autres, cela requiert une sanction pénale».

Saisie par trois particuliers qui s'estimaient insultés par l'artiste, l'accusation reprochait à Fazil Say, 43 ans, d'avoir publié sur Twitter des messages tels que: «je ne sais pas si vous vous en êtes aperçus, mais s'il y a un pou, un médiocre, un magasinier, un voleur, un bouffon, c'est toujours un islamiste».