Israël peut désormais vérifier les courriels des voyageurs

MONDE L'Etat hébreu justifie cette pratique au nom de sa sécurité...

Avec Reuters

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La Chine et la Russie s'en prennent via les réseaux informatiques aux secrets des Etats-Unis dans les domaines commercial, technologique et militaire, selon un rapport au ton inhabituellement accusateur rendu public jeudi par l'administration Obama.
La Chine et la Russie s'en prennent via les réseaux informatiques aux secrets des Etats-Unis dans les domaines commercial, technologique et militaire, selon un rapport au ton inhabituellement accusateur rendu public jeudi par l'administration Obama. — Magan Crane afp.com

Interpellé par un groupe de défense des droits de l'homme, l'avocat général israélien Yehuda Weinstein a jugé légal le contrôle des courriels de certains ressortissants étrangers souhaitant entrer en Israël. Dans son avis publié mercredi, il justifie cette pratique par la nécessité pour le service de sécurité intérieur, le Shin Bet, «d'établir ou d'écarter les soupçons» qui pourraient viser certains ressortissants de pays étrangers désireux de se rendre dans l'Etat juif.

Il répondait à une requête de l'Association des droits civiques en Israël (Acri), qui considère cette pratique comme «une intrusion brutale dans la vie privée, incompatible avec une démocratie». Yehuda Weinstein souligne que les agents israéliens ne peuvent avoir accès à la messagerie électronique des voyageurs sans leur consentement et que ceux-ci peuvent toujours refuser sans que cela signifie automatiquement une interdiction d'entrée en Israël.

«Intrusion brutale dans la vie privée»

«Le voyageur n'a pas à révéler son mot de passe, il ouvre lui-même sa messagerie. Il a le droit de refuser et on ne peut l'y forcer mais cela sera pris en compte au moment de la décision de le laisser entrer ou pas en Israël», écrit l'avocat général.
Pour Lila Margalit, une avocate de l'Acri, «un touriste arrivant à l'aéroport, interrogé par des agents du Shin Bet et à qui on demande d'ouvrir sa messagerie, n'est pas vraiment en position de donner un libre consentement.»

«Il a peur d'être refoulé et ce prétendu 'consentement' ne peut justifier une telle intrusion brutale dans la vie privée», ajoute l'avocate.