La France prise pour cible en Libye

Faustine Vincent

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La façade de l'ambassade de France, mardi. Les riverains affirment avoir entendu deux explosions.
La façade de l'ambassade de France, mardi. Les riverains affirment avoir entendu deux explosions. — I. Zetouni / Reuters

L'ambassade de France à Tripoli a été frappée mardi par un attentat qui a blessé deux gendarmes français, dont l'un grièvement, et dévasté le bâtiment. C'est la première fois qu'une représentation étrangère est visée par une attaque dans la capitale depuis la mort de Mouammar Kadhafi en octobre 2011. On ignorait mardi qui avait perpétré l'attaque, non revendiquée. Mais la menace de représailles d'Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) contre la France, vendredi, pour son intervention militaire au Mali depuis le 11 janvier, était dans toutes les têtes. François Hollande a condamné l'attentat, qui «vise, à travers la France, tous les pays de la communauté internationale engagés dans la lutte contre le terrorisme».

«Un drame épouvantable » évité


Le chef de la diplomatie, Laurent Fabius, a annoncé le renforcement de la sécurité des intérêts français au Moyen-Orient et dans le Sahel. «Il s'en est fallu de quelques minutes. Si le personnel avait été effectivement là, ça aurait été un drame épouvantable», a-t-il déclaré sur BFMTV. Il s'est ensuite rendu sur place et a confirmé qu'une équipe du GIGN allait être envoyée.

L'attentat a été commis vers 7 h locales dans le quartier résidentiel de Hay Andalous. Des habitants vivant près de l'ambassade ont raconté avoir entendu deux explosions. «La première était très puissante, la seconde plus petite», a indiqué un témoin. D'après le chef de la police de Tripoli, Mohammed Sharif, «un engin explosif a été dissimulé dans une voiture garée devant l'ambassade». Le mur d'enceinte s'est partiellement effondré, ainsi qu'une partie de la façade du bâtiment de deux étages situé dans une rue étroite. Selon Libération, l'ambassadeur de France en Libye, Antoine Sivan, plaidait, la veille encore, pour que «la Libye ne soit plus inscrite en zone rouge (insécurité maximale) sur le site Internet du Quai d'Orsay».

■ des Expatriés sous haute protection

La plupart du personnel diplomatique et des expatriés travaillant pour des organisations humanitaires respectent des mesures strictes de sécurité à Tripoli. Le gouvernement libyen a promis de mettre sur pied une force spéciale de protection des diplomates dans la ville.