La Turquie au milieu du gué, selon le Conseil de l'Europe

Avec Reuters

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L'important programme de réformes constitutionnelles engagé depuis dix ans en Turquie laisse encore subsister des lacunes sérieuses en matière d'Etat de droits de l'Homme, estimé l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. L'Assemblée, dont l'avis publié mardi à Strasbourg porte sur les critères politiques requis dans les négociations d'adhésion entre l'Union européenne et Ankara, avait fixé douze objectifs à la Turquie, en 2004, dans une résolution qui mettait un terme à la procédure de «suivi» de ses engagements démocratiques.

Beaucoup de choses ont été faites mais beaucoup de choses restent à faire dans des domaines essentiels comme les droits de l'Homme", a dit la socialiste française Josette Durrieu, rapporteur d'une nouvelle résolution adoptée à Strasbourg. La sénatrice des Hautes-Pyrénées a cité le seuil de 10% des votants fixé pour qu'un parti soit représenté au Parlement, la Convention cadre du Conseil de l'Europe que la Turquie n'a toujours pas signée, pas plus que la France, ou «certains points essentiels du code pénal».

L'Assemblée «salue» la nouvelle réforme du code pénal et de la loi antiterroriste adoptée le 11 avril dernier par le Parlement mais demande à Ankara de supprimer qui punit d'emprisonnement toute personne ayant dénigré la Nation turque. Elle se félicite également de la reprise des pourparlers entre le gouvernement turc et Abdullah Öcalan, chef des rebelles kurdes du PKK, qu'elle considère comme la voie vers l'arrêt des violences et l'instauration d'un cadre pacifié pour le règlement de «la question kurde». Les parlementaires des 47 Etats membres du Conseil de l'Europe ont décidé de maintenir le «dialogue de post-suivi» avec la Turquie dans l'attente des élections locales et présidentielles de 2014, puis du scrutin législatif de 2015, dont ils entendent observer le déroulement.