Nigeria: Le président Jonathan ordonne une enquête après un bain de sang

avec AFP

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Le président nigérian Goodluck Jonathan a ordonné l'ouverture d'une enquête après la mort de 187 personnes dans des affrontements entre armée et islamistes dans une ville du Nord, toujours bouclée mardi quatre jours après le bain de sang.
Le président nigérian Goodluck Jonathan a ordonné l'ouverture d'une enquête après la mort de 187 personnes dans des affrontements entre armée et islamistes dans une ville du Nord, toujours bouclée mardi quatre jours après le bain de sang. — Eric Piermont AFP

Le président nigérian Goodluck Jonathan a ordonné l'ouverture d'une enquête après la mort de 187 personnes dans des affrontements entre armée et islamistes à Baga (nord-est), condamnés par Washington qui regrette «la mort de tant de civils innocents».

Le président du Nigeria - pays le plus peuplé d'Afrique et premier producteur de brut sur le continent- a décidé qu'une enquête approfondie devait être menée pour établir ce qui a conduit à tel bain de sang, le 19 avril à Baga, un village de pêcheurs sur les rives du Lac Tchad.

Détruite par les flammes

Il s'agit du bilan le plus lourd accusé en un jour depuis le début de l'insurrection dans cette région du nord musulman et pauvre du Nigeria, où des sauveteurs continuaient à fouiller les décombres en quête de blessés dans cette localité à moitié détruite par les flammes.

Le président Jonathan a «ordonné une enquête approfondie au sujet du bilan élevé de morts dans les affrontements entre soldats et des insurgés à Baga», selon un communiqué présidentiel. Les violences ont éclaté vendredi à Baga - village reculé situé dans une région où est basé le groupe islamiste nigérian Boko Haram, responsable d'attaques sanglantes dans le nord et le centre du pays depuis 2009.

Selon la Croix-Rouge, «187 morts ont été enterrés, et 77 personnes sont hospitalisées». Des insurgés ont été tués, mais aussi des soldats et des civils, selon des témoignages d'habitants recueillis par un représentant des autorités ayant inspecté les lieux dimanche, qui a requis l'anonymat.

Près de la moitié de la localité a été détruite par des incendies à la suite des combats, a estimé lundi un responsable des services de secours.