Les sept ex-otages français de Boko Haram accueillis à Orly

LIBÉRATION e ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a ramené la famille, qui a été accueillie à Orly par François Hollande...

B.D. avec Reuters
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Le président Francois Hollande parle avec  Albane Moulin-Fournier, qui porte l'un de ses enfants, devant les autres membres de la fammile Moulin-Fournier, qui viennent d'arriver de Yaoundé à Orly, le 20 avril 2013.
Le président Francois Hollande parle avec Albane Moulin-Fournier, qui porte l'un de ses enfants, devant les autres membres de la fammile Moulin-Fournier, qui viennent d'arriver de Yaoundé à Orly, le 20 avril 2013. — AFP PHOTO / THOMAS SAMSON

Les sept Français pris en otage dans le nord du Cameroun et libérés vendredi après deux mois de captivité sont arrivés ce samedi à l'aéroport d'Orly, près de Paris, où ils ont été accueillis par le président François Hollande. Les conditions de la libération de cette famille de trois adultes et quatre enfants n'ont pas été rendues publiques.

Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, s'était rendu à Yaoundé dans la soirée de vendredi pour les ramener. Il était accompagné de Gérard Mestrallet, PDG du groupe GDF-Suez, pour qui travaille le père de la famille, Tanguy Moulin-Fournier, et d'une équipe médicale. Les sept Français avaient été enlevés en février lors d'une excursion dans le nord du Cameroun, près de la frontière avec le Nigeria où, selon les autorités camerounaises, ils avaient été transférés par leurs ravisseurs.

«On est vivant et on est infiniment heureux»

«Les conditions étaient très difficiles, il faisait extrêmement chaud, beaucoup de difficultés mais il n'y a pas de problème grave, on est vivant et on est infiniment heureux», a déclaré Tanguy Moulin-Fournier, interrogé sur France Inter après son arrivée à Yaoundé. «Nous sommes toujours restés ensemble», a-t-il ajouté en parlant de «moments très bas» mais en refusant de parler des conditions dans lesquelles la libération s'est déroulée.

Devant la presse, Tanguy Moulin-Fournier a pris la parole pour dire son «immense émotion» et son «immense bonheur». «C'est fini, on en est sortis...», a-t-il déclaré, en remerciant tous ceux qui ont oeuvré à la libération de sa famille et en saluant «l'immense solidarité» qui s'est manifestée autour d'eux. «Je suis très heureux d'être de retour en France, c'est un grand moment, après on retournera également au Cameroun, qui est un très beau pays où on se plaît beaucoup.»

«C'est la famille de la France qui est soulagée et heureuse»

François Hollande, qui a remercié les autorités camerounaises et nigérianes, a rappelé que huit autres ressortissants français restaient détenus au Sahel. «C'est un immense soulagement qui nous rend encore plus déterminés pour libérer les otages qui sont encore détenus», a-t-il dit lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn. «Aujourd'hui, c'est la vie qui a gagné», a déclaré le chef de l'Etat, en faisant part de «l'émotion» du pays après cette libération.

«C'est la famille de la France qui est soulagée et heureuse», «c'est la joie qui nous saisit», a dit François Hollande. Le père de famille Tanguy Moulin-Fournier à ses côtés, le président a salué le courage des ex-otages qui, «dans des conditions très difficiles», ont «fait face», «une famille rassemblée qui a attendu patiemment». Il a dit avoir «des pensées particulières pour les enfants», quatre garçons âgés de 5 à 12 ans.

«Secret» indispensable

Le chef de l'Etat a précisé que des «contacts» avaient été noués ces dernières semaines en coopération avec les autorités camerounaises et nigérianes. «Nous ne changerons pas notre principe qui est le non versement par la France de rançon», a-t-il dit en insistant le «secret» indispensable à ses yeux dans les affaires d'otages.

Dans les jours qui avaient suivi l'enlèvement, Paris avait envoyé au Cameroun des soldats chargés de participer à l'enquête et aux recherches. Le groupe islamiste nigérian Boko Haram avait revendiqué l'enlèvement le 25 février et réclamait, en échange de leur libération, celle de femmes et d'enfants membres de l'organisation détenus dans les prisons nigérianes et camerounaises.