Attentat de Boston: Djokhar Tsarnaev, un jeune homme très social

MONDE Suspecté d'être le coauteur, avec son frère, de l'attentat de Boston, il était très actif sur les réseaux sociaux...

Philippe Berry

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Djhokhar Tsarnaev, soupçonné d'être l'auteur, avec son frère Tamerlan, des attentats de Boston, ici lors de la remise des diplôme du lycée, en 2011.
Djhokhar Tsarnaev, soupçonné d'être l'auteur, avec son frère Tamerlan, des attentats de Boston, ici lors de la remise des diplôme du lycée, en 2011. — @hereandnowrobin

Dernière info (samedi): Djokhar Tsarnaev a été capturé vivant par les forces de l'ordre après une longue chasse à l'homme. Le récit à lire ici.

Il aime les chats (mais y est allergique), «Breaking Bad», Tom Brady et citer des paroles de Jay-Z ou Kanye West. Son premier tweet, le 24 octobre 2011 à 23h59, est celui d'un jeune étudiant à la fac lambda: «Je fais la lessive, à cette heure? #college (université, ndlr).»

Arrivé aux Etats-Unis en 2002 comme réfugié politique, le jeune homme de 19 ans d'origine tchétchène est aujourd'hui soupçonné d'être l'auteur, avec son frère Tamerlan, de l'attentat de Boston. Alors que l'aîné est mort dans un échange de tirs avec la police, jeudi soir, Djokhar a finalement été capturé vendredi soir par les forces de l'ordre. Hospitalisé, il se trouve dans un état «grave».

Des tweets après l'attentat

Son compte Twitter, J_tsar, est pour l'instant toujours en ligne. Plusieurs de ses amis ont confirmé, notamment à la radio publique NPR, qu'il s'agissait bien du même jeune homme qui allait au lycée avec eux. Ils le connaissent de son prénom simplifié, Jahar, et le décrivent tous comme un jeune homme «souriant», «drôle» et «amical».

Djokhar Tsarnaev, lui, a tweeté sans interruption pendant 18 mois, souvent de la vie quotidienne. «Je ne suis pas devenu maître-nageur pour l'argent. Sauver des vies m'apporte de la joie», écrit-il en mai 2012.» La veille de l'attentat, il échangeait avec plusieurs amis. Après l'attaque, son premier message est une citation d'une chanson de Jay-Z, «Il n'y a pas d'amour au cœur de la ville, soyez prudents.»

Depuis, il est resté actif, affirmant dans son dernier message, mardi, «Je suis un type qui ne connaît pas le stress»

Mardi, il a retweeté –sa dernière activité sur le réseau– un aphorisme d'un mufti du Zimbabwe. Ce dernier vient de publier un message condamnant «fermement les attentats de Boston».

«10 ans aux Etats-Unis, j'en ai assez»

Si la plupart des tweets sont anodins, Djokhar Tsarnaev a publié plusieurs messages se disant «fier» de ses «racines tchétchènes», accompagnés du hashtag #chechnyanpower. Il y a un an, il écrivait: «10 ans aux Etats-Unis, j'en ai assez» et estimait que le 11-Septembre était «un job de l'intérieur».

Sur son profil du réseau social russe Vkontakte, il liste «islam» comme religion. Selon son père, ils n'étaient pas très pratiquants. Rien, pour l'instant, n'explique le virage extrémiste que les enquêteurs privilégient. Son frère, en revanche, sur YouTube, avait listé une catégorie de vidéos sous le nom «terroristes». Et il avait été entendu par le FBI en 2011 sur ses possibles «liens extrémistes» sur demande d'un pays étranger non spécifié, mais l'enquête n'avait rien donné.

Des amis sous le choc

Sur Twitter, certains de ses amis refusent de croire qu'il peut être le coauteur de la tuerie de Boston. @Kid_Wavyy écrit: «Ceux qui croit ces conneries sur Jahar ont trop fumé. C'est le dernier mec qui ferait du mal à quiconque.» Un blogueur automobile de Jalopnik n'en revient pas: «C'était mon ami au lycée. On faisait du sport ensemble. On est allé au bal ensemble. Ce n'est pas le Jahar que je connais». Une photo publiée par Buzzfeed le montre en smoking, enlaçant sa cavalière.

L'animatrice de la radio PRI, Robin Young, a elle tweeté une photo de son neveu souriant aux côtés de Djokhar, lors du bal de fin d'année. «Il est venu à la maison. Beau garçon. Mon neveu était un de ses amis, il ne se doutait de rien, nous avons le cœur brisé», écrit-elle dans plusieurs tweets.