Menace de boycott sur le «made in France»

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Au portefeuille. C'est là que la Turquie pourrait frapper si les députés français décident de pénaliser la négation du génocide arménien. Samedi dernier, Recep Tayyip Erdogan, le Premier ministre turc, a reçu une délégation d'entreprises françaises très actives dans le pays (dont Peugeot, Renault, Danone et Carrefour). Et lundi, le ministre des Affaires étrangères, Abdullah Gül, a prévenu que la participation à « d'importants projets économiques » pourrait être remise en cause. Les entreprises françaises pourraient être écartées de la fourniture de trois centrales nucléaires (un contrat de 4 milliards d'euros) et de 52 hélicoptères militaires et civils. En pleine croissance, la Turquie est aujourd'hui le cinquième plus gros client de la France.

E. Lederer

La reconnaissance en 2001 du génocide arménien a déjà provoqué un boycott turc. Plusieurs sociétés françaises comme Thomson et Alcatel ont alors été exclues d'appels d'offres. La même année, la Turquie a affronté une grave crise financière. Les exportations françaises ont plongé en un an de 2,8 milliards d'euros à 1,8 milliard.