Gore, une tempête écolo convaincante

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« Salut, je suis l'ex futur président des Etats-Unis ». La salle rit. « Ce n’est pas drôle ». C’est ainsi qu’Al Gore ouvre invariablement ses conférences sur le réchauffement climatique. Pendant les 96 minutes que dure le film « Une vérité qui dérange », l’ancien vice-président des Etats-Unis démontre, implacablement, l’étendue du désastre. En bon pédagogue soucieux de convaincre, le showman, très à l’aise (il a tenu cette conférence « plus d’un millier de fois » à travers le monde) s’appuie sur une armada de moyens permettant de digérer la leçon avec plaisir et sans effort. Défilent ainsi des images éloquentes avant/après de sites splendides jadis enneigés, aujourd’hui déplumés, des graphiques multicolores et animés, des « cartoons » inspirés des Simpsons mâtinés d’humour noir, et des projections spectaculaires de ce qu’il adviendra dans 50 ans si l’on ne fait rien pour prévenir la catastrophe. La vision de l’Inde, de Shanghaï, de la Hollande ou de Manhattan submergées par les flots si le Groënland fondait totalement vaut tous les discours. « Que va-t-il se passer avec 100 millions de réfugiés ? », demande le professeur Al Gore devant l’assistance médusée.

Informé, riche, ludique, Une vérité qui dérange à le mérite de faire le tour de la question (études scientifiques, lobby pétroliers, inertie politique, sans oublier son demi-échec quand il était au pouvoir) et se boit comme du petit lait, mis à part quelques longueurs, et quelques interludes pas forcément nécessaires sur la vie privée de l’homme. Face au réchauffement climatique, « certains passent du déni au désespoir », relève Al Gore dans le film. L’ex-vice président s’emploie avec « Une vérité qui dérange » à faire voler les deux en éclat et invite à passer par la « période intermédiaire : l’action ». Convaincant de bout en bout.

Faustine Vincent