Explosion au Texas: Des coïncidences troublantes

MONDE Il y a vingt ans, un assaut du FBI avait fait 76 morts parmi les membres d'une secte dans la ville proche de Waco...

Corentin Chauvel

— 

Le Mont Carmel, siège de la secte des Davidiens, lors de l'assaut du FBI, le 19 avril 1993, à Waco (Texas).
Le Mont Carmel, siège de la secte des Davidiens, lors de l'assaut du FBI, le 19 avril 1993, à Waco (Texas). — REUTERS

S’il est encore impossible de connaître les raisons de l’explosion de l’usine d’engrais de West (Texas), l’événement présente plusieurs coïncidences troublantes.

Si aucun lien ne peut encore être établi, ce nouveau drame intervient trois jours à peine après l’attentat de Boston et dans la foulée de la réception de lettres empoisonnées par Barack Obama et un sénateur républicain. Autre coïncidence: l’explosion s’est déroulée à West, près de Waco, là même où le FBI lança un assaut fatal sur le Mont Carmel, siège de la secte des Davidiens, dont le 20e anniversaire tombe justement cette semaine. Or la piste domestique est loin d’être écartée par les enquêteurs dans l’attentat de Boston et la résistance de la secte religieuse reste un emblème pour l’extrême droite américaine. Encore faudrait-il que tout soit lié et que l’explosion de l’usine ne soit pas un accident.

Waco est restée tristement célèbre lorsque, le 19 avril 1993, David Koresh, le leader des Davidiens, avait fait embraser dans un élan suicidaire le complexe dans lequel il s’était retranché avec 75 autres membres. Cet incendie avait marqué la fin d’un siège par les agents du FBI qui avait duré près d’un mois et demi. Le bilan avait été de 76 morts parmi les adeptes du groupe religieux et quatre du côté de l’ATF (équivalent des douanes françaises) qui avait mené l’opération dans un premier temps.

Une carrière manquée de rock star

Mort à 34 ans, David Koresh, de son vrai nom Vernon Wayne Howell, a eu une existence chaotique. Après une enfance difficile au Texas, il se tourne à 20 ans vers la religion, au sein de l’Eglise adventiste du 7e jour. Mais, accusé d’avoir une mauvaise influence sur les jeunes, il en est rapidement exclu. David Koresh tente alors sa chance à Hollywood (Californie) à l’orée des années 1980 afin de devenir une rock star.

Nouvel échec pour le jeune homme retourne, qui au Texas en 1981 et intègre la secte des Davidiens, une petite branche dissidente de l’Eglise adventiste fondée dans les années 1930. Proche de la «prophète» de la secte, la septuagénaire Lois Roden, avec qui il noue des relations intimes, David Koresh monte rapidement en grade.

En 1990, il devient officiellement le leader des Davidiens au sein desquels la polygamie et la pédophilie sont monnaie courante. Le nouveau prophète lui-même s’octroie le droit de disposer de 140 épouses. Mais c’est parce qu’ils posséderaient illégalement des armes de guerre que les autorités vont trouver le moyen d’intervenir auprès des Davidiens.

Un siège de 51 jours

Le 28 février 1993, l’ATF effectue une descente au Mont Carmel. Une fusillade fait quatre morts et 20 blessés chez les forces de l’ordre qui étaient attendues. Un siège de 51 jours va alors commencer durant lequel le FBI, venu en renfort, va faire appel à des blindés et des hélicoptères de l’armée. Si David Koresh refuse de se rendre, il laisse partir au fur et à mesure des semaines la plupart des membres de la secte, notamment les enfants.

C’est le 19 avril 1993 que le FBI décide de mener un assaut final sur le complexe, avec l’approbation du président américain Bill Clinton. Mais le leader des Davidiens surprend les forces de l’ordre en mettant le feu à trois bâtiments, entraînant dans sa mort 75 autres membres dont des enfants. Malgré la proximité de cet anniversaire tragique, le représentant du Texas, Bill Flores, a mis en doute la possibilité d'un acte malveillant. «Je n'imagine même pas un sabotage», a-t-il déclaré sur CNN, cité par Reuters.