La Centrafrique demande l'aide de la France pour mettre fin aux violences

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Les dirigeants de la région ont réitéré jeudi que le chef de l'Etat, le Premier ministre Nicolas Tiangaye, les membres du gouvernement de transition et le Conseil national de transition "ne peuvent se présenter aux prochaines élections".
Les dirigeants de la région ont réitéré jeudi que le chef de l'Etat, le Premier ministre Nicolas Tiangaye, les membres du gouvernement de transition et le Conseil national de transition "ne peuvent se présenter aux prochaines élections". — Sia Kambou AFP

Pour mettre fin aux violences et pillages incessants, le nouveau pouvoir issu de la rébellion en Centrafrique a appelé à l'aide la France, qui s'est dite «disponible» à condition de la mise en place d'une «autorité légitime».

Dans un message radio-télévisé, le Premier ministre Nicolas Tiangaye a demandé mardi soir «l'appui» de la France et de la Fomac (Force multinationale d'Afrique centrale), «en tant que forces impartiales, pour la conduite des opérations de sécurisation de la ville de Bangui et toutes les régions de notre pays». La France est «disponible» pour aider au «retour de la stabilité» en Centrafrique, a réagi mercredi le chef de la diplomatie Laurent Fabius. «Mais il faut mettre en place des autorités légitimement reconnues, ce qui n'est pas le cas du président actuel», a souligné Laurent Fabius à l'Assemblée nationale.

L'anarchie s'installe

Depuis la prise de Bangui par la coalition Séléka le 24 mars, le nouveau pouvoir n'arrive pas établir l'ordre dans la capitale, se montrant incapable de juguler l'anarchie que l'offensive rebelle n'a pas manqué de générer dans un pays fragile et parmi les plus pauvres du monde. De nombreux habitants vivent dans la peur des pillages et de l'insécurité, mais sont aussi excédés par le comportement d'anciens rebelles. Mardi, dans une première annonce visant à juguler les pillages, le nouveau président Michel Djotodia, chef du Séléka, avait promis un renfort de 500 hommes à la police et 500 autres à la gendarmerie, ainsi que le casernement des combattants du Séléka.

Cette mesure a pour but de retirer des rues les ex-insurgés en armes, dont beaucoup n'hésitent pas à piller et commettre des exactions. Il doit aussi permettre d'arrêter les individus se faisant passer pour des combattants du Séléka. Le principal parti de l'ancienne opposition, le Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), a dénoncé l'impuissance du nouveau pouvoir. Dans un communiqué, le MLPC s'est indigné que «depuis plus de trois semaines, les éléments incontrôlés du Séleka» mais aussi des milices d'autodéfense pro-Bozizé «continuent de commettre d'une manière dramatique, des exactions insoutenables».

Le porte-parole du gouvernement, Crépin Mboli-Goumba, issu lui aussi de l'ancienne opposition, a demandé aux pays d'Afrique centrale d'envoyer 1.000 soldats pour aider à rétablir l'ordre. Le sujet devrait être débattu lors d'un nouveau sommet extraordinaire des chefs d'Etats d'Afrique centrale, jeudi à N'Djamena, en présence du président d'Afrique du Sud, Jacob Zuma.