Russie: Medvedev défend son bilan après des menaces de Poutine

Avec Reuters

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Le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a défendu le bilan de son gouvernement devant le Parlement ce mercredi. Uun discours au ton offensif qui a paru faire écho à des signes d'impatience manifestés par le président Vladimir Poutine. Depuis des mois, on se demande à Moscou si le chef du gouvernement ne va pas faire office de bouc émissaire en cas d'aggravation de la crise économique, et être limogé.

Une vidéo mise en ligne peu avant le discours du Dmitri Medvedev montre le chef du Kremlin en train de tancer des responsables lors d'une réunion à laquelle assistaient plusieurs ministres, dont celui des Finances, Anton Silouanov, et le vice-Premier ministre, Dmitri Kozak. On y voit Vladimir Poutine menacer de procéder au limogeage de dirigeants non spécifiés si ses réformes sociales ne sont pas mises en oeuvre.

Dans la vidéo, qui a été ensuite diffusée à la télévision, Vladimir Poutine affiche un air sévère et demande la mise en oeuvre de ses promesses dans le domaine social, formulées à la suite des manifestations de l'hiver 2011-2012, les plus importantes depuis son arrivée au pouvoir en 2000. «Si nous ne le faisons pas, il faudra admettre que soit je travaille inefficacement, soit vous travaillez mal et vous devrez alors démissionner», dit-il lors d'une réunion qui s'est tenue à Elista, dans le sud de la Russie. «Je souhaiterais attirer votre attention sur le fait que je suis actuellement plutôt enclin au second scénario», ajoute le chef du Kremlin.

Dans un discours de près de deux heures, Dmitri Medvedev, 47 ans, a contre-attaqué et sollicité le soutien du Parlement. «Nous vivons dans un monde dynamique, en développement rapide. Il est si globalisé et si complexe que parfois on a du mal à suivre le rythme du changement», a-t-il dit, reconnaissant que la Russie pourrait tomber en récession si les prix des matières premières continuaient à baisser. «D'un autre côté, nous vivons dans une société qui offre des occasions énormes, a-t-il ajouté. Aussi, j'espère que la Russie de demain sera un pays fort dans lequel il fait bon vivre.» Dmitri Medvedev a dit avoir des projets pour relancer l'économie mais a fourni peu de détails. Il a refusé de relever l'âge du départ à la retraite et assuré qu'il ne braderait pas les biens de l'Etat.