Libye: Le chef des renseignements de Kadhafi toujours sans avocat

Avec Reuters

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Abdallah al Senoussi, chef des services de renseignement de Mouammar Kadhafi, n'a pas vu d'avocat et n'a pas été informé des charges retenues contre lui, selon Human Rights Watch (HRW), dont une délégation a pu lui rendre visite dans sa cellule à Tripoli. Responsable parmi les plus redoutés de l'ancien régime libyen, il est sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (ICC), mais les autorités libyennes, qui veulent le voir juger dans son pays, refusent de l'extrader.

«Le souhait de la Libye de juger ceux qu'elle tient responsables de graves atteintes aux droits de l'homme est tout à fait compréhensible. Mais, pour que la justice joue pleinement son rôle, elle doit accorder à Senoussi les droits que le précédent gouvernement a dénié si longtemps aux Libyens. (...) Pour commencer, il faut s'assurer qu'il puisse consulter un avocat», écrit Sarah Leah Whitson, responsable de HRW pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, dans un communiqué ce mercredi.

Abdallah al Senoussi est détenu à la prison d'Al Hadhba, établissement récemment rénové où se trouvent d'autres anciens membres du régime de Mouammar Kadhafi. Il ne s'est plaint d'aucun sévice physique, ajoute HRW, et a jugé ses conditions de détention «raisonnables». «Senoussi a droit à un avocat de son choix, comme n'importe quel prévenu (...) La Libye s'engage à le juger équitablement», a assuré le ministre libyen de la Justice, Salah al Marghani, cité par HRW.

Abdallah al Senoussi est soupçonné d'avoir joué un rôle clé dans la mort de quelque 1.200 détenus de la prison d'Abou Salim, à Tripoli, en 1996. La CPI l'a inculpé de crimes contre l'humanité pour des faits commis pendant la guerre civile de 2011. La justice française le recherche par ailleurs dans le cadre de l'enquête sur l'attentat de 1989 contre un DC-8 d'UTA au-dessus du désert du Ténéré, au Niger.