Israël veut inciter un prisonnier palestinien à se réalimenter

Avec Reuters

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Palestiniens et Israéliens s'efforcent de trouver un compromis pour mettre fin à la grève de la faim d'un prisonnier palestinien dont le jeûne par intermittence depuis plus de 250 jours suscite d'importantes manifestations. Samer al Issaoui, 32 ans, a été transféré de sa prison dans un hôpital civil où il a été approché par des négociateurs israéliens. Il est en partie alimenté par intraveineuse, mais refuse tout aliment solide. Son avocat estime qu'il peut mourir à tout moment compte tenu de sa faiblesse cardiaque.

Les forces israéliennes étaient en alerte ce mercredi pour la «Journée du prisonnier», célébrée chaque année en Cisjordanie. Neuf prisonniers du Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP), dont est membre Samer Issaoui, ont annoncé ce mercredi une grève de la faim illimitée jusqu'à sa libération. Israël a proposée à Samer Issaoui de cesser son jeûne en échange d'une peine de prison réduite à un an, a expliqué à Reuters Kadoura Farès, un responsable palestinien. Le prisonnier a répondu qu'il accepterait si la peine était rétroactive à la date de son arrestation en juillet dernier.

Samer Issaoui a été condamné pour avoir ouvert le feu sur un bus israélien en 2002. Il avait été libéré en 2011 dans le cadre d'un échange de prisonniers avant d'être à nouveau arrêté en juillet dernier, Israël l'accusant de n'avoir pas respecté les conditions de sa remise en liberté en ayant voulu se rendre de Jérusalem-Est dont il est originaire, en Cisjordanie. Il a été condamné à rester en prison jusqu'en 2029, comme le prévoyait sa condamnation initiale. Plus de 200 Palestiniens sont morts dans les prisons israéliennes depuis 1948, dont deux cette année, selon un décompte palestinien.