Attentat de Boston: Le point sur les différentes pistes suivies

M.Gr. avec agences

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Sur Boylston street à Boston, à l'endroit où l'une des deux bombes a explosé, le 15 avril 2013
Sur Boylston street à Boston, à l'endroit où l'une des deux bombes a explosé, le 15 avril 2013 — Elise Amendola/AP/SIPA

Al-Qaïda? Ennemi intérieur? Deux jours après la double explosion survenue lundi lors du marathon de Boston, l’enquête s’annonce longue alors qu’aucune revendication n’a été communiquée. Les enquêteurs ont donc invité la population à leur faire parvenir le maximum de photos ou de vidéos, pour tenter d’y débusquer le moindre indice qui leur permettrait de privilégier une piste en particulier. En attendant que l’une d’entre elles se précise, voici celles à l’étude actuellement.

La piste islamiste

Le spectre du 11-Septembre plane toujours sur les États-Unis, et l’attentat qui a frappé Boston a réveillé les vieux démons. Ainsi, la piste islamiste a été évoquée. Le fait qu'il y ait eu deux explosions quasi simultanées évoque en effet le mode opératoire prôné par le magazine Inspire, publication en ligne qui émane d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique. La technique de fabrication des bombes utilisées dans l'attaque a été détaillée dans un article de 2010 de ce magazine en ligne, publié par le groupe terroriste. La technique détaillée a d’ailleurs été utilisée dans la tentative d'attentat de Times Square en 2010, ainsi que lors d'une attaque au Pakistan plus tôt cette année.

Egalement utilisé en Afghanistan, en Inde ou au Pakistan, un appareil explosif du même type a servi à la préparation d'attentats aux Etats-unis ou en France, rapporte ABC.

Pourtant Alexia Ash, spécialiste en analyse des risques, a déclaré que les premiers signes de cet attentat de Boston suggèrent que l'attaque est susceptible d'avoir été perpétrée par une menace intérieure, plutôt que par un réseau étranger comme Al-Qaïda. Les talibans ont d'ailleurs démenti être responsables et aucun groupe international crédible n'a revendiqué l'attaque. Un Saoudien blessé à Boston a même été entendu, mais selon les autorités, il se trouvait «au mauvais endroit, au mauvais moment».

La piste d'extrémistes américains

«Il peut s'agir d'un groupe d'extrême droite ou d'extrême gauche», indiquait à 20 Minutes le directeur du Centre pour le renseignement de l'Université Notre Dame. La piste intérieure est en effet l'une de celles auxquelles pensent les enquêteurs. Elle s'appuie sur le jour choisi pour cet attentat: le Patriots' Day, qui correspond aussi au dernier jour pour les déclarations d'impôts -éléments qui tendraient vers la piste d'extrémistes de droite américains, comme de militants anti-impôts. Le 15 avril est aussi le jour anniversaire de la mort du président Abraham Lincoln, assassiné en 1865 par un sympathisant sudiste. Le débat sur les armes, très vif actuellement aux Etats-Unis, pourrait être une piste pour les enquêteurs.

La piste des anti-avortement

Des chirurgiens de plusieurs hôpitaux bostoniens ont déclaré à la presse avoir retiré chez un certain nombre de victimes des bouts de métal, dont certains semblaient être des clous. Cela rappelle aux enquêteurs la composition de la bombe qui avait explosé aux Jeux olympiques d'Atlanta en 1996, faisant deux morts et environ 150 blessés.

Un militant anti-avortement, Eric Rudolph, avait fini par être arrêté quelques années plus tard et avait plaidé coupable. Il purge actuellement une peine de réclusion à perpétuité.

La piste d'autres attaques

Rien ne permet de penser que les explosions de Boston participent d'un complot plus large, a déclaré mardi Janet Napolitano, secrétaire à la Sécurité intérieure. La police de Boston a également indiqué n’avoir connaissance d’aucune menace spécifique.

A ce jour, aucune piste ne semble privilégiée par les enquêteurs. «Nous n'avons pas d'informations concernant un ou plusieurs suspects», a précisé un responsable du FBI, Richard DesLauriers.