Etats-Unis: Une lettre piégée interceptée au Sénat

P.B. avec Reuters

— 

Le bureau du sénateur américain  Roger Wicker, à qui une lettre piégée contenant de la ricine a été envoyée le 16 avril 2013.
Le bureau du sénateur américain Roger Wicker, à qui une lettre piégée contenant de la ricine a été envoyée le 16 avril 2013. — M.RILEY/AP/SIPA

Le timing est suspect mais il est trop tôt pour spéculer. Les autorités américaines ont intercepté mardi une lettre destinée au sénateur républicain Roger Wicker et contenant de la ricine, un poison mortel.

La lettre avait été postée à Memphis, dans le Tennessee, et ne portait pas d'adresse d'expéditeur, indique-t-on au Sénat.

Certains sénateurs ont déclaré à la presse que l'incident leur rappelait les courriers contenant le bacille de la maladie du charbon (anthrax) qui avaient été envoyés entre autres au Capitole après les attentats du 11 septembre 2001. Les lettres contenant des spores d'anthrax avaient visé le Capitole mais aussi la côte Est des Etats-Unis, où elles avaient fait cinq morts, dont deux employés des postes de Washington.

«J'ignore si c'est une coïncidence. Il est trop tôt pour le dire. Nous n'en savons pas assez sur Boston», a déclaré Richard Durbin, numéro deux des sénateurs démocrates.

Bureaux fermés

Les bureaux de poste du Capitole vont être fermés par mesure de précaution et tout le courrier destiné au Sénat a été bloqué, ont déclaré des sénateurs. Wicker, ancien membre de la Chambre des représentants, siège au Sénat depuis 2007. Il a été réélu en novembre 2012.

La ricine est un poison mortel que l'on trouve à l'état naturel dans les graines d'un arbrisseau, le ricin commun. La majeure partie des victimes de ce poison meurent entre 36 et 72 heures après y avoir été exposé.

Une alerte à la ricine avait eu lieu au Capitole en 2004, à la suite d'analyses effectuées sur un courrier dans la salle postale du Sénat. Le cas le plus célèbre d'empoisonnement à la ricine est celui de l'écrivain dissident bulgare Georgui Markov, mort à Londres en 1978 après avoir été piqué par le désormais fameux «parapluie bulgare» d'un passant.