Attentat de Boston: Deux Cocotte-Minute et des sacs à dos retrouvés

Philippe Berry, avec Reuters

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Un reste de Cocotte-Minute utilisée pour construire les deux bombes des attendats de Boston du 15 avril 2013.
Un reste de Cocotte-Minute utilisée pour construire les deux bombes des attendats de Boston du 15 avril 2013. — AP/SIPA/FBI

Trois morts, 176 blessés, une ville traumatisée par un double attentat à la bombe et deux questions sans réponse: qui a mené la plus violente attaque sur le sol américain depuis le 11-Septembre, et pourquoi? Mardi, Boston a pansé ses plaies alors qu'aucun suspect crédible n'a été identifié et que personne n'a revendiqué l'action.

Les trois victimes identifiées

Les trois personnes mortes dans l'attentat sont un garçon de huit ans, Martin Richard, une jeune femme de 29 ans, Krystle Campbell, ainsi qu'une étudiante chinoise de l'Université de Boston dont l'identité n'a pas été communiquée par Pékin. Parmi les blessés, 17 sont toujours dans un état critique. Une dizaine de patients ont dû subir des amputations.

Des Cocottes-Minute piégées

Selon le briefing du FBI, les deux bombes se trouvaient dans deux Cocottes-Minute de 6L bourrées de poudre à canon (ou de fusil) avec des clous et des billes d'engrenage métalliques pour provoquer le plus de dégâts humains possibles. Elles auraient été dissimulées dans des sacs à dos en nylon noir, dont des fragments ont été retrouvés, et déclenchées par un minuteur basique. Cette méthode artisanale est notamment utilisée par les talibans en Afghanistan contre les troupes américaines mais «n'importe qui a pu trouver la recette sur Internet», explique à 20 Minutes Greg Moore, directeur du Centre pour le renseignement de l'Université Notre Dame.

Un «acte terroriste», selon Obama

Mardi, Barack Obama, qui se rendra jeudi à Boston pour une cérémonie oecuménique en hommage aux victimes, a pour la première fois employé l'expression «acte terroriste». Mais le président a souligné qu'il était trop tôt pour savoir s'il avait été conduit par «une organisation étrangère ou américaine ou par un individu malveillant».

La piste intérieure privilégiée

Si le FBI examine toutes les pistes, la thèse d'un acte domestique est privilégiée. Les talibans ont démenti être responsables et aucun groupe international crédible n'a revendiqué l'attaque. Un Saoudien blessé à Boston a été entendu mais selon les autorités, il se trouvait «au mauvais endroit, au mauvais moment». «Nous n'avons pas d'informations concernant un ou plusieurs suspects», a précisé un responsable du FBI, Richard DesLauriers. Rien ne permet de penser que les explosions de Boston participent d'un complot plus large, a déclaré mardi Janet Napolitano, secrétaire à la Sécurité intérieure. Le 15 avril est le Patriot's Day, qui est également le dernier jour pour déclarer ses impôts. Certains experts évoquent la piste de militants d'extrême droite anti-gouvernement. Malgré les nombreux témoins et caméras de vidéosurveillance, l'enquête pourrait être longue: lors d'une attaque similaire à Atlanta, en 1996, il avait fallu un an avant d'arrêter Eric Rudolph, un militant anti-avortement.

Une lettre empoisonnée interceptée au Sénat

Ce mardi, une lettre empoisonnée à la ricine et destinée à un sénateur a été interceptée au Congrès. Pour l'instant, les autorités expliquent qu'il est trop tôt pour déterminer si l'événement est lié à l'attentat de Boston, comme lors d'épisodes similaires après le 11-septembre.