Guinée: L'opposition appelle à nouveau à manifester

Avec Reuters

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L'opposition guinéenne a lancé un appel à manifester cette semaine contre un décret présidentiel publié samedi qui fixe au 30 juin la date des élections législatives, avec le risque induit d'une reprise des violences politiques. Le scrutin, condition du déblocage de l'aide financière européenne, est censé parachever le retour à l'ordre constitutionnel après le coup d'Etat militaire de 2008. Initialement prévu pour 2011, il a été reporté à plusieurs reprises en raison de divergences sur la constitution de la commission électorale et des soupçons de l'opposition, qui accuse le gouvernement de chercher à en manipuler les résultats.

Des heurts entre forces de l'ordre et partisans de l'opposition ont fait neuf morts et plus de 300 blessés lors de manifestations organisées fin février et début mars. Les partis hostiles au président Alpha Condé réclament le remplacement de la société sud-africaine Waywark, chargée de la mise à jour des listes électorales, ainsi que le droit de vote pour les Guinéens de l'étranger.

«Nous avons décidé de relancer nos manifestations avec une marche pacifique jeudi. Vendredi, ce sera une journée ville morte et nous continuerons la semaine prochaine», a annoncé Aboubacar Sylla, porte-parole de l'opposition. «Nous ne pouvons plus faire confiance à ce gouvernement (...) Nous avons décidé de ne pas cesser de manifester avant que nous revendications soient satisfaites», a-t-il ajouté.

L'opposition avait accepté de reprendre ses négociations avec le gouvernement la semaine dernière, mais la poursuite des préparatifs du scrutin a entraîné une nouvelle rupture. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a chargé son représentant spécial pour l'Afrique de l'Ouest, Saïd Djinnit, d'une mission de médiation, a annoncé lundi la présidence guinéenne.