Ban Ki-moon, un faiseur de compromis

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Le ministre sud-coréen des affaires étrangères, Ban Ki-moon, accèdera le 1er janvier au poste diplomatique le plus prestigieux du monde, celui de secrétaire général de l'ONU, après avoir été formellement désigné lundi par le Conseil de sécurité.
Le ministre sud-coréen des affaires étrangères, Ban Ki-moon, accèdera le 1er janvier au poste diplomatique le plus prestigieux du monde, celui de secrétaire général de l'ONU, après avoir été formellement désigné lundi par le Conseil de sécurité. — Benoît Doppagne AFP/Belga

Le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Ban Ki-moon, désigné lundi comme futur secrétaire général de l'ONU par le Conseil de sécurité, est un diplomate de carrière au talent reconnu de faiseur de compromis.
Ban Ki-moon, à la tête de la diplomatie sud-coréenne depuis janvier 2004, est l'un des ministres des Affaires étrangères qui a tenu le plus longtemps à ce poste, après avoir survécu à plusieurs crises intercoréennes.
Les responsables qui travaillent avec lui louent le zèle dont il fait preuve dans son travail, ainsi que son absence de préférences partisanes.
A 62 ans, de grande taille, le diplomate a derrière lui une carrière de 36 ans dans la diplomatie, dont dix de missions liées aux Nations unies.
Il épouse la carrière de diplomate en 1970, après un diplôme à la prestigieuse Université nationale de Séoul, qu'il complètera plus tard par des études à la Kennedy School de l'Université américaine de Harvard.
Premier secrétaire de la mission sud-coréenne auprès de l'ONU, de 1978 à 1980, il devient directeur du bureau des Nations unies au ministère des Affaires étrangères. Il y reste trois ans.
Il sera également haut représentant de la Corée du Sud auprès de l'ONU pendant deux ans (2001-2003). Il a également à la même période dirigé le cabinet du président de la 56e Assemblée générale de l'ONU.
"M. Ban est en général perçu comme un très bon médiateur, particulièrement habile à dresser des compromis et à recueillir des consensus", explique un diplomate. "Il a également une bonne connaissance des Nations unies et, à New York, il a fait une très bonne impression", ajoute-t-il.
L'intérêt qu'il éprouve pour l'aide au développement le rend également populaire en Afrique.
Aux Affaires étrangères, M. Ban a hérité du délicat dossier nord-coréen, en pleine tension sur son armement atomique.
Il s'est nettement impliqué dans les négociations multipartites qui tentent depuis trois ans de convaincre le Nord à renoncer au nucléaire. Il a également eu pour tâche d'apaiser les tensions avec l'allié américain ainsi qu'avec le Japon.
Déterminé et opiniâtre, mais d'un naturel doux, il est "le genre de poigne de fer dans un gant de velours", explique Ko Ki-seok, un porte-parole des Affaires étrangères. Acharné de travail, son emploi du temps est strictement divisé en tranches de cinq minutes, ajoute-t-il.
Ses détracteurs l'ont surnommé "jusa" (rond-de-cuir) mais ils sont obligés de reconnaître sa capacité de travail extraordinaire.
Cette force, il veut la mettre au service d'une "réforme" de l'ONU. "L'ONU doit faire moins de promesses mais avoir plus de résultats concrets", a-t-il déclaré à New York dans un discours de campagne.
Il est marié et a un fils et deux filles. La plus âgée travaille pour l'Unicef en Afrique.