La communauté internationale condamne l'essai nucléaire de la Corée du Nord

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La communauté internationale a rapidement condamné lundi le premier essai nucléaire annoncé par la Corée du Nord, y compris la Chine, son principal soutien, Washington réclamant une "action immédiate" du Conseil de sécurité de l'ONU.

La Chine :
"La Corée du Nord a ignoré les inquiétudes de la communauté internationale et a procédé de manière éhontée à un essai nucléaire. Le gouvernement chinois exprime à cette occasion sa ferme opposition", a affirmé le ministère chinois des Affaires étrangères dans une déclaration officielle.
"La Chine demande expressément à la Corée du Nord de tenir ses engagements d'une péninsule coréenne dénucléarisée, de cesser toute action qui pourrait mener à une détérioration de la situation, et de reprendre le chemin des pourparlers à six", a ajouté le ministère appelant toutes les parties concernées à "faire preuve de calme".

Les Etats-Unis :
La Maison Blanche, qui a toujours prôné une ligne dure dans le dossier nucléaire nord-coréen, a parlé lundi de "provocation" et a réclamé une "action immédiate" du Conseil de sécurité de l'ONU, si ce test était confirmé.
"Un essai nucléaire nord-coréen constituerait une provocation défiant la volonté de la communauté internationale et notre appel à se garder de toute action qui aggraverait les tensions dans la région", a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche, Tony Snow.
Les Nations unies n'avaient pas de commentaire immédiat à faire.

La Corée du Sud :
La Corée du Sud a été la première, lundi matin, à évoquer l'essai nucléaire du Nord. Son gouvernement a ensuite affirmé qu'il allait s'occuper "sérieusement" de cette question et a annoncé la supension de son aide humanitaire.

Le Japon :
En visite à Séoul où il venait d'arriver en provenance de Pékin quand Pyongyang a annoné le test, le nouveau Premier ministre japonais Shinzo Abe a qualifié cet essai nucléaire d'"impardonnable". "L'essai d'armes nucléaires par la Corée du Nord ne pourra jamais être pardonné mais nous devrions rassembler et analyser plus de renseignements sur le dossier tout en gardant la tête froide", a déclaré Shinzo Abe.
Par ailleurs, Tokyo a lancé un appel au calme à la population du pays, indiquant qu'aucune radioactivité anormale n'avait été détectée après l'essai nucléaire. 
"J'appelle le peuple japonais à rester calme", a déclaré le numéro deux et porte-parole du gouvernement, Yasuhisa Shiozaki. "Si l'on en croit les expériences passées, les substances radioactives émises dans l'air après un essai souterrain, quel qu'il soit, sont minimes, et les effets sur le corps humain et l'environnement sont limités", a-t-il assuré. Le ministre nippon de la Défense, Fumio Kyuma, a indiqué pour sa part que des avions militaires japonais allaient mener des missions d'évaluation de la radioactivité dans la région, sans fournir de précisions.

La Grande-Bretagne :
L'essai nucléaire annoncé lundi par la Corée du Nord est "hautement provocateur" et recevra une "riposte vigoureuse", a indiqué lundi à l'AFP un porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères.

L'Australie :
Le Premier ministre australien John Howard a indiqué que son pays allait "demander une réaction du Conseil de sécurité contre la Corée du Nord incluant des sanctions financières, des limitations de déplacements, ainsi que de nouvelles restrictions commerciales et aériennes". 

L'Espagne :
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, a condamné lundi la "grave provocation" que représente le premier essai nucléaire souterrain annoncé par la Corée du Nord. 

Le Canada :
Le ministre canadien des Affaires étrangères Peter MacKay a estimé lundi que l'essai nucléaire nord-coréen aura des "implications alarmantes", dane une interview publiée sur le site internet du quotidien The Globe and Mail. Le chef de la diplomatie canadienne a cependant appelé à la prudence, soulignant que "tout le monde devra modérer sa réponse, sur le court terme, pour ne pas provoquer de réaction inappropriée" de la part de Pyongyang.

Le Vietnam :
"Le Vietnam est très inquiet après l'essai nucléaire en Corée du Nord. Cette décision va accroître les tensions et n'apportera aucun bénéfice à la paix et à la stabilité dans la région", a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères à Hanoï, Le Dung.
Hanoï "a toujours souhaité la paix, la stabilité, la coopération et le développement dans la région Asie-Pacifique et la dénucléarisation de la péninsule coréenne", a-t-il ajouté dans un communiqué.
Le pays communiste "demande aux parties concernées de faire preuve de retenue et de revenir rapidement à la table des négociations à six, afin de réduire leurs différends et de trouver rapidement une solution raisonnable" à la crise actuelle.

Israël
"Cet essai nucléaire est un acte irresponsable et provocateur qui menace la stabilité régionale du nord-est de l'Asie et la sécurité dans le monde", a indiqué le ministère israélien des Affaires étrangères dans un communiqué. Un haut responsable parlant sous couvert d'anonymat a pour sa part affirmé que l'essai nord-coréen constituait "une sonnette d'alarme pour la communauté internationale". "Elle risque d'être confrontée à une situation similaire avec l'Iran si elle ne réagit pas de façon plus énergique", a-t-il mis en garde. "Voilà ce qui arrive quand on se contente de déclarations et de soi-disant pourparlers qui ne mènent à rien", a poursuivi le haut responsable en faisant allusion aux efforts diplomatiques déployés depuis des mois par la communauté internationale pour amener l'Iran à suspendre ses opérations d'enrichissement d'uranium.

L'Autriche
"La Corée du Nord doit cesser de jouer avec le feu et revenir immédiatement à la table des négociations car la stratégie de l'isolationnisme offensif représente une impasse dangereuse", a estimé la ministre autrichienne des Affaires étrangères Ursula Plassnik dans un communiqué. "Cette escalade unilatérale pour Pyongyang rend plus importante que jamais une reprise des pourparlers", a-t-elle souligné. "Le Conseil de sécurité de l'ONU va devoir se saisir de ce dossier", a ajouté Mme Plassnik, qui a dit espérer que la désignation attendue ce lundi de son homologue sud-coréen Ban Ki-moon comme futur secrétaire général de l'ONU permettrait "de créer de nouvelles possibilités de solution sur la péninsule coréenne".

L'Inde
L'essai nucléaire nord-coréen "remet en cause la paix, la stabilité et la sécurité dans la péninsule coréenne et dans la région", "nous surveillons la situation et nous sommes en contact étroit avec plusieurs pays", a souligné le ministère indien des Affaires étrangères.

Le Pakistan
Cela "va entraîner une réaction en chaîne que personne ne souhaite", a affirmé le ministère pakistanais des Affaires étrangères qui a également nié toute relation entre cet essai nord-coréen et le trafic de technologies nucléaires qu'avait reconnu en 2004 le "père" de la bombe au Pakistan, Abdul Qadeer Khan.

L'Egypte
Le ministre égyptien des Affaires étrangères Ahmed Aboul Gheit a affirmé lundi que son pays refusait "catégoriquement" toute explosion nucléaire, appelant les deux Corées à "la retenue". Le ministre égyptien a estimé que "la solution pacifique" restait le meilleur moyen de régler la crise avec la Corée du Nord, tout en réitérant la position de son pays pour un Proche-Orient débarrassé des armes nucléaires.

La Russie
Moscou a fermement condamné lundi l'explosion de la première bombe atomique nord-coréenne, qualifiant de "préjudice énorme" l'entrée de Pyongyang dans le club des puissances nucléaires grâce à une bombe d'une puissance qui pourrait être équivalente à celle d'Hiroshima selon Moscou. "La Russie condamne absolument les essais réalisés par la Corée du Nord. Il ne s'agit pas seulement de la Corée, mais du préjudice énorme infligé au processus de non-prolifération des armes de destruction massive dans le monde", a déclaré le président Vladimir Poutine devant les membres du gouvernement. Le ministre de la Défense Sergueï Ivanov, chargé par M. Poutine de le tenir informé en permanence de la situation, a affirmé que les services d'alerte et d'analyse de l'armée russe avaient enregistré à 01H35 GMT une explosion nucléaire souterraine. "La puissance des essais réalisés est comprise entre 5 et 15 kilotonnes", a indiqué le ministre de la Défense. Ce chiffre, 5.000 à 15.000 tonnes, est entre six et dix-huit fois supérieur aux 800 tonnes annoncées à Séoul par le chef du Centre de recherche sismique de Daejeon, Chi Heon-cheol. Si l'estimation haute des Russes s'avérait juste, la bombe nucléaire nord-coréenne aurait une puissance comparable à celle largué par le bombardier américain Enola Gay sur Hiroshima en 1945. "Nous connaissons précisément le lieu où a été effectué l'essai. La situation écologique est aux normes, y compris sur la partie russe de la région d'Extrême-Orient" frontalière de la Corée du Nord, a ajouté le ministre russe.

L'Iran
Téhéran est partisan d'un "monde sans armes nucléaires", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Mohammad Ali Hosseini, en se gardant toutefois de condamner explicitement le geste de Pyongyang. "L'Iran espère que les négociations à propos des activités nucléaires nord-coréennes satisferont les intérêts de la Corée du Nord et de la communauté internationale", a-t-il ajouté. L'Iran et la Corée du Nord, rangés par les Etats-Unis parmi les pays de "l'axe du mal", ont des relations dans les domaines militaires et balistiques.

L'AIEA
L'essai nucléaire nord-coréen représente un "défi grave" pour la sécurité mondiale, a estimé lundi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed ElBaradei. "Une reprise du dialogue entre toutes les parties concernées est indispensable et urgente" dans le dossier nord-coréen, a-t-il souligné.

La République tchèque
"Nous considérons l'essai nucléaire effectué par la Corée du Nord comme un acte irresponsable et regrettable", a déclaré àle porte-parole du ministère tchèque des Affaires étrangères, Mme Zuzana Opletalova. Prague "appelle ce pays à retourner à la table des négociations diplomatiques", a-t-elle ajouté.
Dans le même temps, le ministère tchèque "analyse les informations sur l'essai et sur la puissance de la charge", selon Mme Opletalova.

L'Italie
Le ministre des Affaires étrangères Massimo D'Alema "exprime sa vive condamnation à la suite de l'essai nucléaire réalisé par la Corée du Nord et sa très vive préoccupation pour les conséquences d'une telle provocation inacceptable, dont les conséquences sont imprévisibles pour la sécurité de la région et celle de la communauté internationale". L'Italie demande à la Corée du Nord d'abandonner immédiatement son programme nucléaire militaire et de respecter pleinement les obligations découlant du Traité de non-prolifération. Face à une telle menace pour la paix et la sécurité internationale, le gouvernement italien considère inévitable une intervention du Conseil de sécurité de l'ONU.

La Grèce
"La Grèce condamne une telle action de provocation, qui contrevient au traité de non-prolifération nucléaire, ne tient pas compte de la résolution 1695 du Conseil de sécurité de l'ONU et constitue une menace pour la stabilité internationale, la sécurité et la paix", a déclaré la ministre grecque des Affaires étrangères, Mme Bakoyannis.

L'Allemagne
L'Allemagne "condamne avec la plus grande sévérité" l'essai nucléaire, a dit lundi le porte-parole du gouvernement Ulrich Wilhelm lors d'un point presse de routine à Berlin, en le qualifiant d'"irresponsable".
Le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a de son côté estimé que la Corée du Nord "continue à faire fausse route vers plus d'isolement" international. "Nous demandons au gouvernement nord-coréen de cesser immédiatement son programme d'armement et de missiles nucléaires, et de ne pas procéder à de nouveaux essais". Son porte-parole, Martin Jäger, a indiqué par ailleurs que le gouvernement allemand allait convoquer l'ambassadeur de Corée du Nord en Allemagne.
M. Steinmeier a demandé au Conseil de sécurité des Nations Unies de "réagir avec fermeté à la provocation nord-coréenne". "Les objectifs du gouvernement nord-coréen ne seront atteints que par la voie du dialogue", a jugé M. Steinmeier, ajoutant que l'Allemagne "soutiendrait tous les efforts visant à apporter une solution pacifique à cette situation de tension".

La Bulgarie
Sofia a condamné lundi l'explosion de la première bombe atomique nord-coréenne, dans un communiqué publié à Sofia. "Cet acte provocateur est une menace pour la paix et la sécurité dans le monde", affirme le ministère des Affaires étrangères dans ce texte. Le fait d'avoir procédé à cette explosion "sape sérieusement les efforts de la communauté internationale pour trouver une solution pacifique au problème du programme nucléaire de la République démocratique de Corée", a ajouté le ministère.

L'Union européenne (UE)
Bruxelles a jugé lundi "inacceptable" l'essai nucléaire nord-coréen et indiqué qu'elle étudiait avec la communauté internationale une réponse appropriée.
L'UE exhorte la Corée du Nord à "annoncer immédiatement qu'elle s'abstiendra de réaliser de nouveaux tests d'engin nucléaire, à renoncer publiquement à l'arme nucléaire et à retourner immédiatement et sans conditions préalables aux pourparlers à six".

Les Pays-Bas
La Hollande a "condamné fermement" l'essai atomique. "S'il s'est bien déroulé, nous le condamnons fermement", a indiqué Herman van Gelderen, porte-parole du ministre des Affaires étrangères Ben Bot.

La Suisse
Berne soutiendra d'éventuelles sanctions de la communauté internationale à l'encontre de la Corée du Nord, a annoncé lundi le ministère des Affaires étrangères. "La Suisse condamne cet essai", a indiqué le ministère, estimant qu'il "représente une menace pour la sécurité régionale et pourrait déclencher une course aux armements dans la région".

La Roumanie
"La Roumanie a appris avec une grande préoccupation la nouvelle de l'essai nucléaire effectué par la Corée du Nord, un geste qu'elle considère comme inacceptable", a indiqué le ministère roumain des Affaires étrangères. Selon Bucarest, cette "nouvelle provocation à l'adresse du régime de non-prolifération impose des mesures fermes de la part de la communauté internationale visant à garantir la paix et la stabilité dans la région et dans le monde.
L'engagement de la Corée du Nord dans la voie des épreuves de force, y compris par des essais nucléaires, contrevient à ses engagements en faveur de la dénucléarisation de la péninsule coréenne et défie les appels de la communauté internationale pour un réglement pacifique des problèmes de sécurité régionaux".

La Slovaquie
Bratislava appelle la Corée du Nord à arrêter immédiatement les essais nucléaires et à renoncer aux armes nucléaires, indique le ministère slovaque des Affaires étrangères. La diplomatie slovaque considère l'essai nucléaire comme un acte "hautement irresponsable et innaceptable" qui "menace d'une manière importante la paix et la sécurité internationales ainsi que la stabilité régionale".