Afghanistan: Ce que l'on sait sur les deux otages français libérés lundi

MONDE Leur enlèvement avait été tenu secret pendant plusieurs mois...

Corentin Chauvel

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Un marché de Kaboul (Afghanistan), le 2 avril 2013.
Un marché de Kaboul (Afghanistan), le 2 avril 2013. — M.ISMAIL / REUTERS

Le ministère des Affaires étrangères a annoncé lundi la libération de deux Français pris en otages en Afghanistan. Mais leur enlèvement et leur captivité n’avaient jamais été révélés publiquement. 20 Minutes fait le point sur cet étonnant événement.

Qui sont les otages libérés?

Charles Ballard, 30 ans, est le directeur financier de l’ONG française Acted à Kaboul. Pierre Borghi, 29 ans, est un photographe originaire de Grenoble (Isère). Après avoir travaillé quelques mois entre 2011 et 2012 pour l’ONG Solidarités International dans le nord de l’Afghanistan, il était revenu sur place de manière indépendante, pour réaliser un projet photographique.

Quand et comment ont-ils été kidnappés?

Pierre Borghi était le plus ancien otage des deux. Il se trouvait dans «un quartier mal famé» de Kaboul lorsqu’il a été enlevé le 28 novembre dernier par quatre individus armés, selon Libération. Il a été détenu dans plusieurs endroits, dont une fois à l'arrière d'un véhicule. Ses ravisseurs ne seraient pas des talibans, mais des membres du crime organisé qui l’auraient ensuite remis à des insurgés. Charles Ballard a lui été kidnappé en janvier, devant son domicile de la capitale afghane. «Des malfaiteurs avaient intercepté son véhicule pour l’en extraire» alors qu’il se trouvait avec son chauffeur et un autre expatrié, précise Le Figaro ce mardi.

Comment ont-ils été libérés?

Aucune information n’a été divulguée concernant Charles Ballard. On en sait un peu plus concernant la libération de Pierre Borghi qui s’avère être une évasion. Le photographe a échappé à ses ravisseurs dans la province instable de Wardak, non loin de Kaboul, et a réussi à atteindre un poste de contrôle des forces gouvernementales. De là, il a été conduit dans la capitale par les forces de sécurité afghanes, a indiqué le porte-parole du ministère afghan de l’Intérieur, ajoutant qu'il était en bonne santé.

Pourquoi leur enlèvement a-t-il été tenu secret?

Dans un monde idéal, les autorités françaises travailleraient toujours de cette manière, estimant qu’il est plus facile pour elle d’obtenir des résultats dans la discrétion. Interrogé par TF1 News, Louis Caprioli, conseiller du groupe de sécurité privé Geos et ancien responsable de la lutte anti-terroriste à la DST, est lui-même surpris par ce silence tenu durant toute cette période, d’autant plus que Charles Ballard était membre d’une ONG. «Il faut croire que tous ont été convaincus de suivre les consignes de silence de l'ambassade de France en Afghanistan et des services secrets français sur place. (…) Traditionnellement, quand il y a des otages, l'information se répand comme une traînée de poudre», explique-t-il. Dans le cas de Charles Ballard, qui a été libéré sans avoir à s’échapper, sa libération a «forcément été obtenue contre une forte compensation quelle qu'en soit sa nature», estime Louis Caprioli, même si François Hollande a encore récemment répété que la France ne versait plus de rançon.