Corée du Nord: Aucun employé nord-coréen sur le site industriel de Kaesong

© 2013 AFP

— 

Aucun employé nord-coréen n'était présent mardi sur le site intercoréen de Kaesong, au lendemain de l'annonce par Pyongyang du retrait de ses 53.000 citoyens de la zone et de la fermeture de ce complexe industriel sur fond de tensions croissantes avec Séoul et Washington.
Aucun employé nord-coréen n'était présent mardi sur le site intercoréen de Kaesong, au lendemain de l'annonce par Pyongyang du retrait de ses 53.000 citoyens de la zone et de la fermeture de ce complexe industriel sur fond de tensions croissantes avec Séoul et Washington. — Kim Jae-Hwan AFP

Aucun employé nord-coréen n'était présent ce mardi sur le site intercoréen de Kaesong, au lendemain de l'annonce par Pyongyang du retrait de ses 53.000 citoyens de la zone et de la fermeture de ce complexe industriel sur fond de tensions croissantes avec Séoul et Washington.

Souvent présenté comme une expérience modèle de rapprochement intercoréen, la «région administrative spéciale de Corée du Nord» créée en 2004 à Kaesong est devenue une pièce stratégique sur l'échiquier coréen où se joue une partie à haut risque. «Jusqu'à présent, aucun employé nord-coréen ne s'est présenté au travail ce matin», a déclaré une porte-parole du ministère sud-coréen de l'Unification.

Quelque 53.000 Nord-Coréens travaillent pour 123 entreprises sud-coréennes présentes sur le site qui se trouve à 10 kilomètres de la frontière, en territoire nord-coréen. «Nous allons retirer tous nos employés de la zone» de Kaesong, avait annoncé lundi Kim Yang-gon, un haut responsable du parti communiste, dans un communiqué diffusé par l'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA. Depuis mercredi dernier, le Nord interdit l'accès de Kaesong au personnel sud-coréen et aux camions de livraison.

300 cadres sud-coréens ont quitté le complexe

Pour l'heure, 13 des 123 entreprises sud-coréennes présentes sur le site ont interrompu leur production faute de matières premières mais le retrait des ouvriers nord-coréens devrait paralyser très vite l'ensemble du site.

Plus de 300 cadres sud-coréens ont quitté le complexe depuis le milieu de la semaine dernière, mais 475 y demeuraient lundi soir pour veiller au bon fonctionnement des activités, selon Séoul.

Précieuse source de devises étrangères dont la Corée du Nord a grand besoin, Kaesong est toujours resté ouvert à de rares et brèves exceptions près.

Le site est né dans le sillage de «la diplomatie du rayon de soleil», menée par la Corée du Sud de 1998 à 2008 aux fins d'encourager les contacts entre les deux frères ennemis qui restent techniquement en guerre puisque la Guerre de Corée (1950-53) s'est terminée par un armistice et non par un traité de paix.

Le complexe constitue l'unique reliquat des efforts de rapprochement intercoréen, après le gel des relations bilatérales en 2010. Il a généré en 2012 un chiffre d'affaires de 469,5 millions de dollars US (366 millions d'euros), une manne en termes d'emploi, de taxes et d'apport en devises étrangères.

«La population n'aura plus à se serrer la ceinture»

La présidente Park Geun-Hye s'est déclarée mardi «très déçue» et le ministère de l'Unification s'est engagé à «garantir la sécurité de ses citoyens et la protection de sa propriété».

Washington, qui a décidé de jouer l'apaisement en renonçant à un tir d'essai de missile balistique intercontinental prévu cette semaine en Californie, a de son côté jugé la mesure «regrettable». «Ca ne va pas aider (la Corée du Nord) à atteindre son objectif affiché d'améliorer l'économie et la vie de sa population», a déclaré le porte-parole du département d'Etat Patrick Ventrell.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, propulsé à la tête du régime après la mort de son père Kim Jong-Il en décembre 2011, avait annoncé début janvier un «virage radical» pour redresser l'économie exsangue du pays tout en réaffirmant les ambitions militaires du régime. «Nous devons effectuer un virage radical afin de construire un géant économique dans l'esprit et avec le courage qui furent les nôtres pour conquérir l'espace», avait-il déclaré, ajoutant: «La population n'aura plus à se serrer la ceinture».