La situation des Roms a empiré selon le Conseil de l'Europe

Avec Reuters

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Deux ans et demi après le lancement d'un plan d'action européen pour les Roms, la situation de cette population marginalisée a encore empiré, a estimé lundi le secrétaire général du Conseil de l'Europe. Les 47 Etats membres s'étaient engagés à combattre les discriminations dont souffrent les 10 à 12 millions de Roms européens et à mener en leur faveur des politiques d'intégration sociale.

«La situation a empiré en beaucoup d'endroits, à cause de la crise, économique», a estimé Thorbjorn Jagland à l'occasion de la journée internationale des Roms. «Il y a beaucoup plus d'exploitation politique de ce problème dans la plupart des pays», a-t-il ajouté lors d'une visite de deux camps de migrants roumains à Strasbourg.

Le secrétaire général du Conseil de l'Europe s'est toutefois félicité qu'une attention plus grande soit portée au problème et a mis en avant la démarche de Strasbourg comme exemple de bonnes pratiques. La ville, qui accueille quelque 400 migrants d'origine roumaine, propose depuis octobre 2011 aux occupants des bidonvilles d'intégrer des espaces aménagés moyennant une démarche d'insertion.  Cent trente d'entre eux sont aujourd'hui hébergés dans deux camps de caravanes équipés de sanitaires et gérés par des travailleurs sociaux.

«Il est possible, pour les collectivités locales, de mener des actions qui ne sont pas très coûteuses mais qui sont très importantes pour les Roms», a souligné Thorbjorn Jagland après avoir discuté avec les habitants. «Il y a moins de rhétorique anti-Roms quand chacun peut constater qu'ils veulent avoir une meilleure vie, s'intégrer, travailler», a-t-il ajouté. Le secrétaire général s'est aussi élevé contre l'idée selon laquelle les efforts réalisés en faveur desRoms en Europe de l'Ouest constitueraient un appel d'air pour leurs compatriotes d'Europe de l'Est. «La plupart de ceux qui veulent quitter leur pays l'ont déjà fait», a-t-il dit.