Egypte: Situation reste tendue après les violences meurtrières

avec AFP

— 

Au Caire, la police anti-émeutes, déployée devant le portail principal de la cathédrale Saint-Marc, a tiré des grenades lacrymogènes sur le lieu de culte, ont rapporté des journalistes de l'AFP.
Au Caire, la police anti-émeutes, déployée devant le portail principal de la cathédrale Saint-Marc, a tiré des grenades lacrymogènes sur le lieu de culte, ont rapporté des journalistes de l'AFP. — AFP

La situation restait tendue lundi en Egypte après une nuit de violences devant la cathédrale copte du Caire qui ont fait deux morts et 89 blessés après des funérailles, alourdissant un climat politique et social déjà difficile.

Le président islamiste Mohamed Morsi a condamné les violences, affirmant à Tawadros II, le patriarche des Coptes orthodoxes d'Egypte, qu'il considérait «toute attaque contre l'église comme une attaque personnelle». Il a également ordonné l'ouverture immédiate d'une enquête.

Le calme était revenu dans la matinée dans le quartier d'Abbassiya, mais la police était toujours massivement déployée autour de la cathédrale Saint-Marc dans laquelle des Coptes étaient encore rassemblés. Dimanche, des milliers de Coptes avaient participé aux obsèques de quatre chrétiens tués dans des violences confessionnelles vendredi soir au nord du Caire.

Tournure politique des funérailles

Les funérailles ont pris une tournure politique lorsque les participants ont scandé des slogans contre le pouvoir islamiste, et ces scènes ont été retransmises en direct à la télévision. Plusieurs participants ont déclaré à l'AFP avoir été attaqués peu après la sortie du cortège funèbre de l'église. Des scènes de chaos ont suivi, et de nombreux chrétiens se sont réfugiés à l'intérieur de la cathédrale tandis que la police tirait du gaz lacrymogène sur l'édifice.

Beaucoup de Coptes se sont dit choqués par l'attaque contre la cathédrale Saint-Marc, siège du patriarcat copte orthodoxe et l'un des hauts lieux de la communauté. Deux personnes ont été tuées --un Copte de 30 ans et un homme qui n'a pas été identifié-- et 89 autres blessées dans ces violences, selon le ministère de la Santé.

La représentante diplomatique de l'Union européenne, Catherine Ashton, en visite au Caire, s'est déclarée dimanche soir «extrêmement inquiète» après ces affrontements et a appelé à la «retenue».