Crash de Smolensk: Les théories de complot vont bon train en Pologne

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Trois ans après la catastrophe du Tupolev présidentiel polonais qui s'était écrasé le 10 avril 2010 en tentant d'atterrir par un épais brouillard à Smolensk en Russie, les théories de complot vont bon train en Pologne, alors que Varsovie réclame en vain à Moscou la restitution de l'épave de l'avion.
Trois ans après la catastrophe du Tupolev présidentiel polonais qui s'était écrasé le 10 avril 2010 en tentant d'atterrir par un épais brouillard à Smolensk en Russie, les théories de complot vont bon train en Pologne, alors que Varsovie réclame en vain à Moscou la restitution de l'épave de l'avion. — John Macdougall AFP

Trois ans après la catastrophe du Tupolev présidentiel polonais qui s'était écrasé le 10 avril 2010 en tentant d'atterrir par un épais brouillard à Smolensk en Russie, les théories de complot vont bon train en Pologne, alors que Varsovie réclame en vain à Moscou la restitution de l'épave de l'avion.

Le président Lech Kaczynski et 95 autres personnes, dont de hauts responsables politiques et militaires, ont tous péri. Ils devaient assister à Katyn, près de Smolensk, aux cérémonies du 70e anniversaire du massacre de plusieurs milliers d'officiers polonais prisonniers de l'Armée rouge par la police secrète soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le parti conservateur Droit et Justice (PiS, opposition) de Jaroslaw Kaczynski, frère jumeau du président défunt, ainsi que d'autres mouvements de droite qui alimentent la thèse d'un complot, veulent marquer l'anniversaire par des manifestations mardi devant l'ambassade de Russie et mercredi devant le palais présidentiel à Varsovie.

Les conclusions officielles sur les causes de la catastrophe ont bel et bien été rendues, tant du côté russe que du côté polonais. Selon le rapport définitif du Comité intergouvernemental d'aviation russe (MAK), présenté en 2011 à Moscou, le président Kaczynski et d'autres hauts responsables polonais avaient fait pression sur l'équipage de l'avion, alors que les pilotes n'étaient pas suffisamment entraînés et ont pris la décision d'atterrir «dans des conditions inappropriées».

La commission polonaise d'enquête a reconnu que les principales causes de l'accident se trouvaient du côté polonais. Elle a pourtant rejeté une part des responsabilités sur la Russie, en dénonçant les erreurs des contrôleurs et les équipements défaillants à l'aéroport de Smolensk.

Suite a ces conclusions, trois généraux et dix autres officiers polonais ont été limogés. L'unité de l'armée chargée du transport aérien des personnalités officielles a été dissoute et cette tâche a été désormais confiée aux pilotes civils.

Cependant, un groupe de travail conduit par Antoni Macierewicz, un proche collaborateur de Jaroslaw Kaczynski, présente régulièrement à l'opinion publique ses conclusions qui lancent la thèse d'un attentat, fomenté par le Premier ministre polonais Donald Tusk et le président russe Vladimir Poutine.

«Les dernières études consolident notre conviction que la catastrophe a eu lieu à la suite d'explosions», déclare  Macierewicz dans son nouveau rapport préparé pour le 3e anniversaire du crash, ignorant les assurances du parquet polonais qu'aucune trace confirmée d'explosifs n'avait été découverte sur l'épave.

Selon Macierewicz, une révision du Tupolev présidentiel effectuée en Russie peu avant le vol fatal «a été dirigée par les services de renseignement russes», alors que «Donald Tusk menait avec Vladimir Poutine un jeu dirigé contre le président Kaczynski».

Selon un sondage publié début mars, 33% des Polonais «n'excluaient pas» désormais un attentat à Smolensk. Alarmé par ce sondage, le gouvernement a décidé d'agir, après avoir traité longtemps par le mépris les affirmations de M. Macierewicz. Un groupe d'experts doit être créé prochainement sous l'égide du gouvernement pour démentir point par point les thèses d'un complot.