Le retour au Pakistan n'a rien d'une sinécure pour l'ex-président Musharraf

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De grands rassemblements annulés, un lancer de soulier, une candidature rejetée dans une circonscription pour les élections et de nouvelles accusations de "trahison": le retour au Pakistan de l'ex-président Pervez Musharraf n'a rien d'une consécration.
De grands rassemblements annulés, un lancer de soulier, une candidature rejetée dans une circonscription pour les élections et de nouvelles accusations de "trahison": le retour au Pakistan de l'ex-président Pervez Musharraf n'a rien d'une consécration. — Asif Hassan AFP

De grands rassemblements annulés, un lancer de soulier, une candidature rejetée dans une circonscription pour les élections et de nouvelles accusations de «trahison»: le retour au Pakistan de l'ex-président Pervez Musharraf n'a rien d'une consécration.

Le matin du 24 mars, quelques heures à peine avant de mettre fin à quatre ans d'exil, Pervez Musharraf avait confié que son retour au Pakistan était une «plongée dans les ténèbres». Après tout, les talibans menaçaient de le tuer dès qu'il allait poserait les pieds à Karachi, mégapole du sud du pays meurtrie par des attentats réguliers.

Conférences de presse annulées

Cette menace des talibans a forcé l'annulation de grands rassemblements pour marquer le retour au pays de l'ex-général qui avait pris le pouvoir en 1999 à la faveur d'un coup d'Etat avant de démissionner près de neuf ans plus tard. A l'aéroport de Karachi, il n'y avait pas foule. Quelques centaines de supporters de l'ancien «sardar», président en ourdou, la langue nationale de ce pays musulman de 180 millions d'habitants. Pas plus.

Les conférences de presse prévues dans la semaine ont ensuite été annulées, la formation de Musharraf devant peaufiner sa stratégie pour les élections générales du 11 mai. Pervez Musharraf capitalise sur les nostalgiques de son règne au cours duquel le Pakistan a vu sa croissance économique décoller, sa classe moyenne se développer et les médias se libéraliser.

Des entorses à la constitution et l'assaut sanglant contre des islamistes lourdement armés réfugiés à la mosquée Rouge ont toutefois nourri la rancoeur des insurgés talibans et des avocats. Et ce sont les avocats qui se sont le plus mobilisés jusqu'à présent contre l'ancien président.