Hollande reçoit le rival de Merkel à Paris

Avec Reuters

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François Hollande a reçu ce vendredi matin à l'Elysée le chef de file du Parti social-démocrate allemand (SPD), Peer Steinbrück, une visite susceptible de froisser la chancelière Angela Merkel en pleine campagne électorale en Allemagne. La discussion, qui a duré plus d'heure, a porté sur l'Europe, les élections en Allemagne en général, a rapporté un conseiller de la présidence française. Il n'a officiellement pas été question de politique intérieure française, à l'heure où François Hollande doit faire face à la tourmente liée à l'ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac, qui a avoué avoir des comptes bancaires à l'étranger après l'avoir nié pendant des mois.

Les Allemands sont appelés aux urnes en septembre prochain pour des élections qui verront notamment s'affronter Peer Steinbrück et la chancelière sortante. «Angela Merkel avait été prévenue. Tout s'est passé en bonne intelligence», a-t-on précisé à l'Elysée à propos du rendez-vous de vendredi. Depuis son arrivée au pouvoir en mai dernier, François Hollande a apporté son soutien à des candidats de son camp en Europe, notamment aux travaillistes maltais et à l'Italien de centre-gauche Pierluigi Bersani.

«Il est dans la ligne de ce qu'il a toujours fait», fait-on observer dans l'entourage du président, où l'on rappelle le soutien apporté par Angela Merkel à Nicolas Sarkozy pendant la campagne électorale française de 2012. On fait aussi valoir à Paris qu'un SPD au pouvoir en Allemagne permettrait d'avancer plus vite vers l'Europe sociale, sur les questions de croissance et d'évolution de la Banque centrale européenne, même si «cela ne résoudrait pas tout, loin de là».

Selon une enquête de l'institut Emnid publiée dimanche par le Bild am Sonntag, les conservateurs de la CDU-CSU obtiendraient 39% des voix si les élections avaient lieu aujourd'hui. Les sociaux-démocrates du SDP reculent d'un point à 26% et les Verts restent stables à 15%. Avec le FDP, la coalition de droite totalise 44% des intentions de vote, contre 41% à celle formée par le SPD et les Verts. Ce dernier attelage a gouverné l'Allemagne entre 1998 et 2005. Ensuite, jusqu'en 2009, le SPD a fait partie d'un gouvernement de coalition avec Angela Merkel, dominé par la droite.