Jour de mariage dans une brigade de la montagne syrienne

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"Nous n'avions rien en commun. Il n'y a qu'une chose qui nous réunissait: la révolution contre le régime". Aujourd'hui, le combattant rebelle Assad al-Islam, épouse Laïla, jeune militante syro-macédonienne, dans une base rebelle des montagnes turkmènes.
"Nous n'avions rien en commun. Il n'y a qu'une chose qui nous réunissait: la révolution contre le régime". Aujourd'hui, le combattant rebelle Assad al-Islam, épouse Laïla, jeune militante syro-macédonienne, dans une base rebelle des montagnes turkmènes. — Andrea Bernardi AFP

«Nous n'avions rien en commun. Il n'y a qu'une chose qui nous réunissait: la révolution contre le régime». Aujourd'hui, le combattant rebelle Assad al-Islam, épouse Laïla, jeune militante syro-macédonienne, dans une base rebelle des montagnes turkmènes.

 

 

 

Lui est un ancien pâtissier, incarcéré à plusieurs reprises avant la révolution parce qu'il portait une longue barbe et avait organisé des manifestations contre les caricatures du Prophète dans la Syrie de Bachar al-Assad qui se voulait un modèle de laïcité.

Elle, fille d'un Syrien et d'une Macédonienne, polyglotte et ancienne employée dans la publicité d'une grande entreprise syrienne, est née et a grandi en ex-Yougoslavie avant de découvrir la Syrie en 2001.

Devant le cheikh de leur brigade, ils se jurent fidélité en petit comité: deux témoins, le chef de la brigade qui tient le rôle du père de la mariée et quelques combattants réunis sur le toit-terrasse de la base de leur unité qui surplombe une forêt.

Dans cette zone montagneuse, l'écho renvoie par moment le son d'une explosion ou d'un tir. C'est le seul bruit qu'on entend ici, loin de l'agitation de la ville, dans cette région agricole balayée par des vents puissants.

Laïla et Assad étaient faits pour se rencontrer. Quand ils ont sympathisé au sein de la brigade Ezz Abd al-Salam, ils se sont racontés leurs aventures depuis le début de la révolution.

«Nous étions dans la même manifestation à Lattaquié, nous avons même été incarcérés au même moment», se rappelle Assad al-Islam, un keffieh sur la tête et un pull Adidas en guise de tenue de mariage. «Mais nous n'avions jamais parlé, jusqu'à ce que nous nous retrouvions dans la montagne».

Ils vivent désormais tous les deux au sein d'une unité rebelle dans le Jabal Turkmène, dans le nord de la province de Lattaquié. Assad al-Islam, qui a prévu de retourner au front dès le lendemain de son mariage, et Laïla assurant l'intendance.