Les Espagnols perdent patience face aux affaires de corruption

Avec Reuters

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Ployant sous l'austérité et le chômage après une longue période de croissance, les Espagnols n'ont plus aucune indulgence pour les affaires de corruption qui touchent pratiquement toutes les institutions du pays, y compris la monarchie.
José Pablo Ferrandiz, vice-président de l'institut de sondage Metroscopia, déclare que «la confiance dans les institutions est tombée à des niveaux inquiétants, pas alarmants mais inquiétants». 

Il ajoute que nombre d'électeurs se détournent désormais des deux grands partis politiques, le Parti populaire, conservateur (PP), et le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE).

Indignation

La corruption est devenue le sujet de préoccupation numéro deux des Espagnols derrière le chômage, dont le taux atteint 26%. Autre signe de grogne sociale, les plaintes déposées auprès du médiateur de la République, sur tous sujets, des banques au gouvernement, ont grimpé l'an dernier de 36%.

«L'inefficacité et la corruption alimentent l'indignation», souligne l'ONG Transparency International dans un rapport paru l'an dernier sur les mouvements de contestation dans les pays du sud de l'Europe, plongés dans la récession et l'austérité - Espagne, Grèce, Portugal et Italie. L'Espagne se classe au 30e rang de l'indice de perception de la corruption calculé par l'organisation. Seuls l'Italie et le Portugal ont un rang moindre parmi les pays d'Europe occidentale.