Proche-Orient: Regain de tension en Cisjordanie, un adolescent palestinien tué

MONDE Des violences font rage depuis plusieurs jours, après la mort mardi d'un détenu dans une prison israélienne...

B.D. avec Reuters

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Des Palestiniens se protègent derrière une porte lors d'affrontements avec l'armée israélienne à Hébron le 3 avril 2013.
Des Palestiniens se protègent derrière une porte lors d'affrontements avec l'armée israélienne à Hébron le 3 avril 2013. — REUTERS/Darren Whiteside

Depuis mardi et la mort dans une prison israélienne de Maïssara Abou Hamdeïa, un détenu palestinien de 64 ans, condamné à la réclusion à perpétuité pour une tentative d'attentat dans un café de Jérusalem en 2002, des violences font rage en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Mercredi soir, Amer Nasser, un adolescent de 17 ans, a été abattu en Cisjordanie. Son corps a été amené par l'armée israélienne dans un hôpital près de Toulkarem, dans le nord de la Cisjordanie, mais Tsahal n'a pas confirmé sa responsabilité dans sa mort. L’armée dit avoir tiré en direction de Palestiniens jetant des cocktails Molotov sur un poste militaire dans ce secteur après la tombée de la nuit.

Les Palestiniens affirment que Maïssara Abou Hamdeïa a été privé du traitement nécessaire pour soigner son cancer en prison. Israël dément toute négligence à son sujet. Son enterrement, ce jeudi à Hébron, pourrait dégénérer en de nouvelles violences. Des affrontements ont déjà opposé mercredi les forces israéliennes à des dizaines de Palestiniens dans cette ville du Cisjordanie. Des tirs israéliens de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc ont répondu à des jets palestiniens de pierres et de bombes incendiaires.

Tirs de roquettes et bombardements

Quelque 4.600 détenus palestiniens ont entamé mercredi une grève de la faim de trois jours dans les prisons israéliennes pour protester contre la mort de Maïssara Abou Hamdeïa. Dans les villes de Cisjordanie, des commerçants ont fermé leurs boutiques en signe de solidarité. La tension est aussi remontée à la frontière entre la bande de Gaza et Israël, même si le calme régnait dans la soirée. Quelques heures après le tir de trois roquettes en provenance de la bande de Gaza mardi, l'aviation israélienne a bombardé l'enclave palestinienne pour la première fois depuis les huit jours de conflit en novembre. Deux nouvelles roquettes tirées de Gaza ont atteint le territoire israélien mercredi matin, sans faire de victimes, a dit l'armée israélienne.

Si les autorités israéliennes reconnaissent que le Hamas n'est pas à l'origine des derniers tirs, elles le tiennent responsable des actes commis dans la bande de Gaza, que le mouvement islamiste administre. «Nous ne tolérerons aucun tir dans le Sud. Et tout tir donnera lieu à une riposte pour ramener rapidement le calme dans le Sud», a averti le général Yoav Mordechai, porte-parole de Tsahal, au micro de la radio militaire. «Je suppose que le Hamas n'a pas intérêt à ce que la situation se détériore», a-t-il ajouté.

Le mouvement islamiste a déjà rappelé les mouvements salafistes à l'ordre à plusieurs reprises. L'épisode de mardi porte à trois le nombre de violations du cessez-le-feu conclu en novembre sous l'égide de l'Egypte. Cette fois, le gouvernement israélien, formé après les élections de janvier, et le nouveau ministre de la Défense, Moshe Yaalon, semblent décidés à faire preuve de fermeté. Ce regain de tensions entre Israéliens et Palestiniens intervient avant la visite de John Kerry la semaine prochaine à Jérusalem et Ramallah. Le nouveau secrétaire d'Etat américain devrait militer auprès des deux camps en faveur d'une reprise des négociations de paix.