En Belgique, l'extrême droite en embuscade

©2006 20 minutes
— 

   Un scrutin-test. Les élections prévues dimanche en Belgique ont beau être municipales, elles permettront de juger de l'implantation de l'extrême droite dans le pays. En Flandre, et particulièrement à Anvers, son fief, le Vlaams Belang est donné grand favori. Les sondages vont jusqu'à lui prêter 38,6 % d'intentions de vote. « Mais ce sont surtout les communes intermédiaires qui pourraient basculer si les cordons sanitaires cèdent », note André-Paul Froguier, professeur de sciences politiques. Mis en place par l'ensemble des autres partis, ces « cordons sanitaires » ont pour but de faire barrage à l'extrême droite et de la maintenir dans l'opposition. 

La francophone Wallonie pourrait aussi voir une montée du vote extrême. Et bien que le parti nationaliste francophone n'ait rien de commun avec son homologue flamand – il ne réclame pas la séparation des deux régions –, une montée du vote extrême dimanche relancera sans doute la question d'une éventuelle scission. Un débat de plus en plus prégnant dans un pays où Flamands et Wallons n'hésitent plus à reconnaître qu'ils « n'ont plus grand-chose en commun ». 

Armelle Le Goff 

Ironie du sort : alors qu'on s'attend à  une montée des extrêmes,  c'est la première fois que  les 108000 étrangers non  Européens vivant en Belgique peuvent faire entendre leurs voix. Seul 15% d'entre eux ont accompli les démarches en ce sens. Leur vote ne devrait donc pas bouleverser le scrutin.