Hugo Horiot, auteur de «L'empereur, c'est moi», un livre dans lequel il revient sur sa maladie, le 28 mars 2013 à Paris.
Hugo Horiot, auteur de «L'empereur, c'est moi», un livre dans lequel il revient sur sa maladie, le 28 mars 2013 à Paris. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Monde

Journée mondiale de l’autisme: Hugo Horiot, un autiste devenu acteur de sa vie

PORTRAIT – Pour la Journée mondiale de l’autisme, le 2 avril, «20 Minutes» a rencontré Hugo Horiot, 30 ans, qui a surmonté le syndrome d’Asperger, l’une des nombreuses formes que peut prendre ce trouble...

Comédien, réalisateur, producteur, monteur et aujourd'hui, écrivain. Rien dans le CV de Hugo Horiot ne laisse penser qu'il a un jour été un enfant autiste atteint d’une forme sévère du syndrome d’Asperger. Même pas son livre, L'Empereur, c'est moi*, sorti en librairie quelques jours avant la Journée mondiale de la maladie, mardi 2 avril, où le mot n’apparaît pas une fois. Délibérément. «Je n'ai pas vocation à parler de l'autisme: je parle d'un  parcours qui fut le mien», explique le trentenaire aux cheveux grisonnants.

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«Un être humain de seconde catégorie»

A 4 ans, Julien, son nom de baptême, a déjà conscience de la mort et de Dieu («Je sais très bien que je vais mourir. Tout ça continuera sans moi. Et je ne renaîtrai pas.»). Il ne parle pas, même s’il sait déjà compter et lire. Il se considère comme «un être humain de seconde catégorie, intéressé par ce qu'on ne veut pas lui dire». A 6 ans, en grande section de maternelle, on le force à jouer, alors que ce qu'il veut, «c'est faire [ses] BD, dans [son] coin» et «espionner». Il enferme Julien «sous une chape de plomb» et devient Hugo. C’est son «premier déclic». A 7 ans, il découvre la puissance de «la raison, du pouvoir et de la force» et commence à parler. En 5e, il est le souffre-douleur de ses camarades dans le bus qui les emmène au collège. Obligé de les dénoncer, il devient «collabo», lui qui se «rêvait résistant».

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A 15 ans, il devient «insoupçonnable»

A 13 ans, il réalise son premier film: «Hugo parle de Sylvestre (son troisième prénom) avec Sacha, un ami. A 15 ans, il n'a plus de symptôme visible, il est devenu «insoupçonnable». Notamment grâce à sa mère, Françoise Lefèvre, auteur du Petit Prince cannibale (Actes sud), prix Goncourt des lycéens en 1990, qui lui a tendu des «pièges» pour l'amener à parler, à son cousin Pierre qui l'ouvre sur l'extérieur ou Sacha, avec qui il réalise ses premières vidéos. Mais surtout grâce au théâtre, qui lui procure «un bonheur intellectuel et physique» et lui permet de rencontrer des filles.

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Bientôt papa

Aujourd’hui, Hugo est «toujours entièrement d’accord avec Julien», sauf que lui a appris à faire des compromis. Et il va être père pour la première fois dans une semaine ou deux. Si son enfant est autiste, il ira «partout, sauf ici [en France], où on fait tout pour que ça n’existe pas».

* Editions de L’Iconoclaste, 17 euros.

600.000 personnes concernées en France

Déclaré Grande Cause nationale 2012 par François Fillon alors Premier ministre, l’autisme touche 600.000 personnes en France, selon la ministre chargée des Personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti, dans Le Figaro du 18 juillet 2012. Mais cela n’a rien changé, d’après l’association Autisme France, qui réclament notamment «la réaffectation des enfants au sein de l’Education nationale» ou l’arrêt du «packing», une technique consistant à envelopper un autiste de linges froids et humides.

>> La colère d’Autisme France est là