Centrafrique: Des soldats sud-africains choqués d'avoir tué des enfants-soldats

avec AFP

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Des soldats sud-africains se disent traumatisés après avoir combattu et tué des enfants-soldats pendant la prise de Bangui par les rebelles du Séléka le 23 mars, a rapporté l'hebdomadaire dominical sud-africain Sunday Times.
Des soldats sud-africains se disent traumatisés après avoir combattu et tué des enfants-soldats pendant la prise de Bangui par les rebelles du Séléka le 23 mars, a rapporté l'hebdomadaire dominical sud-africain Sunday Times. — Sia Kambou AFP

Des soldats sud-africains se disent traumatisés après avoir combattu et tué des enfants-soldats pendant la prise de Bangui par les rebelles du Séléka le 23 mars, a rapporté l'hebdomadaire dominical sud-africain Sunday Times. Près de 200 soldats sud-africains - déployés en janvier en soutien au président François Bozizé et pour tenter de restaurer la paix civile en Centrafrique - ont été attaqués par quelque 3.000 rebelles mieux armés, et treize d'entre eux sont morts dans les combats.

«C'est seulement après que les tirs eurent cessé que nous avons vu que nous avions tué des enfants. Nous n'étions pas venus ici pour ça .. tuer des gamins. Ca rend malade, ils pleuraient, appelaient à l'aide, appelaient (leurs) mamans», a confié un soldat sud-africain au Sunday Times, après son retour au pays. «Nous ne savions pas que ça se passerait comme ça. (...) Nous avons tué des petits garçons... des adolescents qui auraient dû être à l'école!», a-t-il ajouté

Aucun bilan précis

City Press et Rapport, deux autres hebdomadaires dominicaux sud-africains, publient des témoignages semblables, soulignant qu'une bonne partie des rebelles n'étaient «que des enfants». La Force de défense nationale sud-africaine (SANDF) n'a pas voulu commenter l'implication supposée d'enfants-soldats contre ses soldats.

Mis à part la mort des 13 soldats sud-africains, aucun bilan précis de ces affrontements n'a été fourni. La Croix-Rouge centrafricaine a seulement indiqué que 78 corps ont été «ramassés» dans les rues de Bangui depuis la prise de la capitale par la rébellion. L'implication des troupes sud-africaines dans les combats de Bangui fait polémique en Afrique du Sud, leur mission n'étant pas clairement définie.

Le président Jacob Zuma, considéré comme ayant été le dernier soutien à l'ex-homme fort de Bangui, François Bozizé, se trouve en porte-à-faux avec sa doctrine de non-intervention et de promotion du dialogue dans les conflits, comme en Libye en 2011. Il doit se rendre mercredi au sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) consacré à la situation en Centrafrique.