Egypte: Le célèbre humoriste Bassem Youssef libéré sous caution

MONDE Il est accusé d'avoir insulté l'islam et le président Mohamed Morsi...

avec AFP

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Le célèbre humoriste égyptien Bassem Youssef, accusé d'avoir insulté l'islam et le président Mohamed Morsi, a été libéré dimanche sous caution après un interrogatoire d'environ cinq heures.
Le célèbre humoriste égyptien Bassem Youssef, accusé d'avoir insulté l'islam et le président Mohamed Morsi, a été libéré dimanche sous caution après un interrogatoire d'environ cinq heures. — Khaled Desouki AFP

Le célèbre humoriste égyptien Bassem Youssef, accusé d'avoir insulté l'islam et le président Mohamed Morsi, a été libéré ce dimanche sous caution après un interrogatoire d'environ cinq heures. Bassem Youssef, dont l'arrestation a été ordonnée samedi, a été relâché dans l'attente des résultats de l'enquête, a indiqué une source judiciaire. «J'ai été relâché contre une caution de 15.000 livres en tout (environ 1.700 euros) pour trois affaires. Il en reste une quatrième pour laquelle la date de l'enquête n'a pas encore été déterminée», a dit Bassem Youssef sur son compte officiel sur Twitter.

Visé par plusieurs plaintes

L'humoriste s'était rendu dans la matinée au Parquet général pour y être interrogé. Il est visé par plusieurs plaintes en raison de son émission satirique qui tourne en dérision les figures politiques du pays, en particulier le président Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, et les islamistes. Bassem Youssef, dont le programme «Al-Bernameg» («L'émission») est inspiré du «Daily Show» américain de Jon Stewart, a continué à se moquer des autorités lors de son arrivée au parquet.

Le cardiologue reconverti en humoriste s'est frayé un chemin à travers la foule de partisans venus le soutenir et de journalistes, avec sur la tête un chapeau démesuré, imitation d'un couvre-chef que Mohamed Morsi a porté lors d'une cérémonie universitaire honorifique au Pakistan mi-mars.

Il a également continué à publier des commentaires ironiques sur son compte Twitter durant son interrogatoire. «Les officiers (de police) et les magistrats du parquet veulent se faire prendre en photo avec moi. Peut-être est-ce la raison pour laquelle j'ai été convoqué?», a-t-il ainsi écrit. Samedi, le procureur général avait ordonné l'arrestation de Bassem Youssef après le dépôt de plusieurs plaintes contre lui en raison de son émission satirique.

Offense à l'islam

Accusé d'offense à l'islam pour s'être «moqué du rituel de la prière» et d'insulte envers Mohamed Morsi pour avoir «raillé son image à l'étranger», selon des sources judiciaires, l'humoriste a rejoint les rangs des journalistes visés par des plaintes pour insulte au président.

Cette augmentation du nombre de procédures engagées contre des journalistes a mis en question l'engagement de Mohamed Morsi sur le respect de la liberté d'expression, une revendication-clé du soulèvement populaire qui avait provoqué la chute de l'ancien président Hosni Moubarak en 2011. Des partisans de Bassem Youssef ont pris sa défense sur les réseaux sociaux, plusieurs figures de l'opposition dénonçant une tentative d'intimidation.

«Les efforts pathétiques pour étouffer la dissidence et intimider les médias sont les signes révélateurs d'un régime vacillant qui se sent acculé», a ainsi affirmé Mohamed ElBaradei, prix Nobel de la paix et ancien chef de l'agence de l'énergie atomique de l'ONU, devenu l'un des ténors de l'opposition égyptienne.