Egypte: Les élections législatives pourraient débuter en octobre

Avec Reuters

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Le président Mohamed Morsi a annoncé ce mercredi que les élections législatives pourraient débuter en octobre en Egypte, avec six mois de retard, ce qui fournirait une marge de manoeuvre au gouvernement pour négocier un accord avec le Fonds monétaire international (FMI). A l'origine, Mohamed Morsi prévoyait des législatives en quatre phases à partir du 22 avril avec un Parlement opérationnel pour juillet. Mais ces projets ont été remis en question avec l'annulation par la justice administrative le 6 mars du décret présidentiel fixant les dates du scrutin.

«Les élections pourront peut-être avoir lieu en octobre prochain», a déclaré le chef de l'Etat, selon l'agence de presse officielle Mena, en ajoutant que le Parlement se réunirait certainement à la fin de l'année. Le président égyptien a estimé que la validation d'une nouvelle loi électorale pourrait prendre deux mois et demi et la préparation du scrutin deux mois de plus. Ce délai pourrait donner au gouvernement égyptien le temps pour négocier un accord avec le FMI sur un prêt de 4,8 milliards de dollars (3,8 milliards d'euros) destiné à aider le pays à sortir de la crise économique.

Appel au boycott

Mohamed Morsi va également chercher à mettre à profit cette période pour tenter de convaincre l'opposition laïque de participer au scrutin. Cette dernière appelle pour l'instant au boycottage, estimant que l'actuel code électoral favorise les islamistes. Cette semaine, l'opposition a accusé Mohamed Morsi de vouloir s'en prendre aux dissidents avec l'arrestation, ordonnée par le procureur général, de cinq célèbres blogueurs pour incitation à la violence contre les Frères musulmans, la confrérie dont est issu le président.

Or, revers pour le chef de l'Etat, la justice égyptienne a ordonné mercredi en appel la réintégration à son poste de l'ancien procureur général, celui qu'il avait limogé en novembre dernier. Abdel Maguid Mahmoud, qui était en place sous l'ère Moubarak, avait fait appel de cette révocation. «Le tribunal déclare que la décision du président de limoger le juge Abdel Maguid Mahmoud est nulle et non avenue et ordonne au ministre de la Justice de le réinstaller», dit la juge Sana Khalil dans son arrêt.