Vague de crimes rituels d'enfants au Gabon

Avec Reuters

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L'Association gabonaise pour la prévention des crimes rituels s'est émue ce mardi de la multiplication de corps, le plus souvent de jeunes filles, retrouvés cette année au Gabon sur les plages du golfe de Guinée. Dans certains pays d'Afrique centrale et occidentale, les restes d'êtres humains et d'animaux sont très recherchés en raison de leurs prétendus pouvoirs surnaturels, y compris par des hommes politiques cherchant à étendre leur influence.

«Il y a eu une vingtaine de meurtres (de cette nature) depuis le début de l'année», dit Jean-Elvis Ebang Ondo, président de l'association. Les victimes sont pour la plupart des jeunes filles dont la lèvre, la langue et les organes génitaux notamment ont été amputés. Cette résurgence de meurtres rituels provoque un mouvement de colère contre les pouvoirs publics gabonais, accusés de ne pas agir avec assez d'énergie pour mettre fin au phénomène. «Nous voulons crier notre colère et dire aux autorités que cela doit cesser», déclare Jessy Miyzambou, membre de l'association Cris de Femmes, qui organise le 6 avril un rassemblement en soutien aux familles des victimes.

Le Bénin et le Cameroun aussi

«Le phénomène des crimes rituels est réel», explique un député sous le sceau de l'anonymat par crainte de représailles. «Mais personne ici est prêt à dénoncer qui que ce soit de crainte de se retrouver soi-même en danger.» Lors d'une affaire qui a défrayé la chronique, le meurtrier d'une fillette de 12 ans a accusé un sénateur d'avoir commandité ce crime en 2009 pour faire main basse sur ses organes. Le Sénat avait levé l'immunité de l'élu fin 2012, sans que ce dernier, qui nie tout en bloc, ne fasse à ce jour l'objet d'une inculpation.

Le Gabon n'est pas le seul pays africain touché par ce phénomène: en novembre, des violeurs de sépultures avaient exhumé en novembre une centaine de tombes à Porto-Novo, capitale du Bénin, un pays d'Afrique de l'Ouest considéré comme le berceau du vaudou. Et en septembre, cinq personnes ont été arrêtées au Cameroun à un barrage routier alors qu'elles transportaient la tête décapitée d'un être humain.