Géopolitique: Le climat plus inquiétant que la crise en zone euro

Avec Reuters

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Le dérèglement climatique mondial devrait constituer cette année la principale menace géopolitique devant la crise de la dette en zone euro, estime la société de gestion Robeco, soulignant ses répercussions sur les marchés financiers. Le «global weirding», qui définit les conditions climatiques mondiales de plus en plus imprévisibles et pas uniquement le réchauffement, est ainsi la principale menace géopolitique et financière, selon Léon Cornelissen, chef économiste de Robeco. Ce dernier, dans une étude publiée mardi, souligne les conséquences immédiates des inondations comme en Australie, la rigueur de l'hiver ou les effets sur les récoltes de la sécheresse.

«Des conditions climatiques extrêmes capables de détruire de vastes récoltes peuvent se traduire par une hausse rapide des prix des denrées alimentaires, entraînant ainsi des troubles sociaux», observe l'économiste, rappelant que le printemps arabe a été déclenché par une flambée des prix des denrées alimentaires et des matières premières agricoles. «Un nouvel été chaud dans l'hémisphère nord pourrait faire grimper les prix des matières premières agricoles. C'est la raison pour laquelle le "global weirding" -ou ses conséquences immédiates- est le principal risque géopolitique en 2013», estime-t-il.

La crise au Moyen-Orient, deuxième risque géopolitique de 2013

La situation géopolitique au Moyen-Orient, avec l'avancée de l'Iran dans le nucléaire militaire et la détermination de l'Etat d'Israël à l'en empêcher, constitue le deuxième risque géopolitique de 2013, pour Robeco, qui évalue cependant à moins de 50% la probabilité d'un éclatement d'un conflit dans la région du fait de la gestion du dossier par les Etats-Unis. La crise en zone euro n'arrive qu'en troisième position des risques répertoriés par la société de gestion néerlandaise, soit au même rang que la Chine et les questions entourant la situation économique de l'Empire du Milieu ou ses relations avec le Japon.

«En termes structurels, nous ne sommes pas encore tirés d'affaire. Il n'y a pas de solution définitive à long terme à la crise de la dette et les décisions les plus difficiles restent à prendre. Et la marche arrière dont l'union bancaire fait l'objet ne laisse rien présager de bon», prévient Léon Cornelissen, évoquant les problèmes politiques en Italie à la suite des élections de février ou encore le sauvetage de Chypre. «La zone euro pourrait bien faire l'objet de certaines tensions à court terme mais aucun éclatement ne devrait survenir. Une aggravation vraiment dévastatrice n'est pas prévue», nuance-t-il néanmoins.

Enfin, dernière menace repérée par Robeco, les «cyberattaques» qui deviennent un problème «grave» alors que de nombreuses entreprises en ont été victimes. «Cette question a suffisamment préoccupé le président des Etats-Unis, Barack Obama, pour qu'il signe à la mi-février un décret visant à obtenir une meilleure protection des infrastructures américaines», rappelle Léon Cornelissen. Le système informatique de la Maison blanche a été visé par une cyberattaque l'an dernier tout comme Microsoft Apple ou Facebook.