Rice applique la politique de la prudence

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« Une tournée exploratoire. » L'administration Bush ne s'est jamais illustrée par ses initiatives diplomatiques au Proche-Orient. Elle ne devrait, cette fois encore, pas déroger à la règle. La tournée proche-orientale de Condoleezza Rice ne semble toujours pas devoir peser sur le destin de la région, qui reste pourtant très sensible. En témoigne la guerre qui a opposé, en juillet dernier, Israël au Hezbollah libanais.

Première étape de la secrétaire d'Etat américaine : l'Arabie saoudite et l'Egypte. Son objectif est de les rallier au front anti-iranien. A priori, cela ne devrait pas poser de problèmes. En effet, ces pays ne cachent pas leur inquiétude face à la montée en puissance de Téhéran. Autre priorité : le dossier israélo-palestinien. Mais là encore, les intentions américaines restent vagues. George Bush a beau appeler de ses voeux une paix juste et durable, il n'a encore fixé aucun objectif précis, sinon le changement du gouvernement palestinien actuel, dirigé par le Hamas, un parti considéré comme terroriste par les Etats-Unis. En quittant l'Arabie saoudite, Rice a d'ailleurs réitéré le souhait que les Palestiniens se dotent d'un gouvernement « qui puisse respecter les principes du Quartet [Etats-Unis, Russie, UE et ONU] ».

Le dernier plan international de paix, qui date de 2003, se trouve dans une impasse. Pire, depuis la victoire du Hamas, les violences interpalestiniennes se multiplient entre ce parti et celui du président Mahmoud Abbas, le Fatah. Au point que la rue palestinienne ne semble plus très loin de la guerre civile.

A. L. G.

Des négociations sont toujours en cours entre le Fatah d'Abbas et le Hamas pour la formation d'un gouvernement d'union nationale. Celui-ci permettrait le retour de l'Autorité palestinienne à la table des négociations.