Deuxième tour surprise au Brésil

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Tous les sondages le donnaient largement gagnant dès le premier tour de la présidentielle brésilienne, dimanche. Raté. Le président sortant Luiz Inacio Lula da Silva, éclaboussé par une affaire de corruption dévoilée ces derniers jours, devra affronter un second tour le 29 octobre. Après de longues heures de suspense dans la nuit de dimanche à lundi, le candidat du Parti des travailleurs (PT) n'a finalement pas obtenu la majorité absolue. Il n'a recueilli que 48,6 % des suffrages exprimés contre 41,7 % à son principal adversaire, le social-démocrate Geraldo Alckmin (PSDB). Déçu, le PT refuse pour autant de s'avouer vaincu. « Nous étions préparés pour le premier tour et nous sommes maintenant aussi prêts pour le second », a déclaré hier son ministre des Relations institutionnelles, Tarso Genro.

De son côté, Alckmin se frotte les mains. « Je vais au second tour avec de grandes chances de remporter l'élection », estime-t-il. L'ex-gouverneur de São Paulo, réputé bon gestionnaire, se dit prêt à « mouiller [sa] chemise » pour gagner la partie.

Le scandale surgi en fin de campagne – des membres du PT auraient tenté de racheter un dossier compromettant pour le PSDB – a ainsi coûté plus cher que prévu à Lula. Sa popularité n'avait pourtant pas été entamée jusqu'alors par les affaires de corruption qui ont régulièrement émaillé son mandat. Sa politique sociale lui a été favorable dans le Nord, plus pauvre, lui attirant 56 % des suffrages. C'est essentiellement dans le Sud, plus riche, que le scandale aura profité à son adversaire, qui y a raflé 55 % des voix.

Faustine Vincent

Lula a décidé de changer de tactique. Au lieu de fuir les débats télévisés, il débattra « des programmes et de l'avenir » avec son adversaire jusqu'au second tour.