Les 10 ans de l'invasion de l'Irak commémorés dans la plus grande discrétion

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Le 10e anniversaire de l'invasion de l'Irak est commémoré mercredi dans la plus grande discrétion par une coalition emmenée par les Etats-Unis dans un contexte tendu, où les attaques quotidiennes le disputent à l'instabilité.
Le 10e anniversaire de l'invasion de l'Irak est commémoré mercredi dans la plus grande discrétion par une coalition emmenée par les Etats-Unis dans un contexte tendu, où les attaques quotidiennes le disputent à l'instabilité. — Mladen Antonov AFP

Le 10e anniversaire de l'invasion de l'Irak est commémoré ce mercredi dans la plus grande discrétion par une coalition emmenée par les Etats-Unis dans un contexte tendu, où les attaques quotidiennes le disputent à l'instabilité.

Le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki n'a prévu de ne marquer d'aucune façon cette date anniversaire du 20 mars qui vit, il y a 10 ans jour pour jour, l'Irak pilonné par une coalition américano-britannique. Le gouvernement est vraisemblablement plus enclin à marquer la chute de Bagdad, survenue le 9 avril. Cette journée, durant laquelle l'armée américaine déboulonna la statue de Saddam Hussein en un tournemain, symbolise à elle seule la chute du régime du président sunnite et de son parti, le Baas.

Au moins 112.000 civils tués depuis le 20 mars 2003

Les Irakiens n'ont pas non plus le coeur à célébrer, tant il est vrai que l'emprise dictatoriale de Saddam Hussein a très vite cédé la place aux violences, dans lesquelles le pays est toujours englué. Mardi, une nouvelle vague d'attentats ciblant les zones chiites de Bagdad et de sa périphérie ont fait 52 morts et plus de 170 blessés. Elle n'a pas été revendiquée, mais les groupes insurgés sunnites, dont Al-Qaida en Irak, continuent à viser tant les chiites, majoritaires dans le pays, que la la police et l'armée, dans l'espoir de déstabiliser le gouvernement de Nouri al-Maliki.

L'ONG Iraq Body Count, basée en Grande-Bretagne, vient tout juste de publier une étude selon laquelle au moins 112.000 civils ont péri depuis le 20 mars 2003. Au plan politique, l'Irak est loin d'incarner la démocratie exemplaire imaginée par l'administration du président américain George W. Bush au déclenchement des hostilités. Nouri al-Maliki est conspué par ses alliés de la coalition gouvernementale et la minorité sunnite, qui enrage de se voir «marginalisée».

Depuis fin décembre, des manifestations réunissent chaque vendredi des dizaines de milliers de personnes dans les régions sunnites. Deux ministres du bloc Iraqiya, laïc mais dominé par les sunnites, ont déjà claqué la porte depuis début février. Mais observateurs et diplomates voient dans le conflit larvé que se livrent Bagdad et la région autonome du Kurdistan irakien la plus grande menace pour la stabilité du pays.