Six jours de crise entre la Russie et la Géorgie

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Les relations russo-géorgiennes traversent une crise sans précédent depuis l'arrestation mercredi en Géorgie de quatre officiers russes pour "espionnage".

- MERCREDI 27 sept: Quatre officiers russes du service des renseignements militaires (GROu) sont interpellés en Géorgie. Ils sont soupçonnés d'espionnage militaire, notamment à l'égard des "activités de l'Otan" en Géorgie, et d'implication dans l'organisation d'un attentat en février 2005 dans lequel trois policiers géorgiens ont été tués.
Moscou demande leur libération immédiate, accusant Tbilissi de mener une "politique anti-russe". Le ministère des Affaires étrangères convoque l'ambassadeur géorgien à Moscou.
La police géorgienne encercle le commandement de l'armée russe pour le Caucase du Sud à Tbilissi, réclamant que lui soit livré un officier "espion" réfugié à l'intérieur du commandement.

- JEUDI 28: Le ministre russe de la Défense Sergueï Ivanov qualifie de "débiles et inventées" les accusations géorgiennes.
L'ambassade russe cesse de délivrer des visas aux Géorgiens. La Russie rappelle pour consultations son ambassadeur de Tbilissi, et annonce l'évacuation de son personnel diplomatique, puis saisit le Conseil de sécurité de l'Onu.

- VENDREDI 29: La Russie évacue une grande partie de son personnel diplomatique de Géorgie. La réaction de Moscou est qualifiée d'"hystérie" par le président géorgien Mikhéïl Saakachvili.
Un tribunal de Tbilissi ordonne le placement en détention provisoire pour deux mois des quatre officiers russes. Le cinquième, réfugié dans le QG de l'armée russe pour le Caucase du Sud, est frappé par contumace de la même mesure.
L'Otan appelle à la "désescalade". Washington demande un réglement rapide du conflit.

- SAMEDI 30: La Russie achève l'évacuation de son ambassade en Géorgie, à l'exception de deux diplomates et du personnel de sécurité.
La Russie annonce l'arrêt des opérations de retrait de ses troupes encore basées en Géorgie, commencé en mai dernier. L'accord sur leur retrait complet avait été signé le 31 mai 2005 par les deux pays.

- DIMANCHE 1ER OCTOBRE: Le président russe Vladimir Poutine compare la politique de la Géorgie à celle de l'artisan de la terreur stalinienne des années 30, Lavrenti Beria, qualifiant de "terrorisme d'Etat avec prise d'otages" l'arrestation des officiers.
Il met en garde les dirigeants géorgiens qui "pensent que sous la protection de leurs sponsors étrangers ils peuvent se sentir à l'aise et en sécurité", dans une allusion aux Etats-Unis.
Il ordonne cependant la poursuite du retrait des troupes, inscrit dans l'accord de 2005.
Le chef de la diplomatie européenne Javier Solana appelle le président géorgien a trouver une solution rapide au conflit, mettant en garde contre une escalade et proposant son entremise, lors d'un entretien téléphonique.

- LUNDI 2: Les quatre officiers russes sont remis à l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et renvoyés dans leur pays.
"C'est un geste de bonne volonté envers nos alliés et amis européens. Ce n'est en aucun cas une réponse aux pressions", assure M. Saakachvili
La Russie suspend ses liaisons aériennes, terrestres, maritimes et postales avec la Géorgie.
Le président russe met en garde lors d'un entretien téléphonique son homologue américain George W. Bush contre toute "action de pays tiers" qui pourrait encourager Tbilissi dans sa "politique destructrice", selon le Kremlin.