Le Nord pourrait se tourner vers les pays musulmans

Avec Reuters

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Face au blocage des négociations sur la réunification de l'île, la République turque de Chypre du Nord (RTCN) pourrait inviter prochainement d'autres pays musulmans à reconnaître formellement son existence en tant qu'Etat souverain.

L'initiative ne serait évidemment pas du goût du Sud, membre de l'Union européenne, selon lequel la partie Nord est occupée illégalement depuis l'invasion turque de 1974. Seule la Turquie reconnaît la RTCN. La découverte récente d'importants gisements de gaz naturel entre Chypre et Israël n'a fait qu'exacerber les tensions. La partie turque reproche au gouvernement chypriote grec d'avoir invité des compagnies pétrolières à forer dans le secteur sans consultations préalables et réclame une part des revenus gaziers.

Poursuite des pourparlers

La RTCN souhaite la poursuite des pourparlers en vue de la réunification, mais juge qu'elles ne peuvent pas s'éterniser. Si aucun accord ne se dessine, elle devra aller au-delà de la proclamation d'indépendance de 1983, a averti Osman Ertug, porte-parole de la présidence, dans un entretien accordé cette semaine à Reuters.

«Comment aller plus loin? En obtenant la reconnaissance», a-t-il poursuivi. Prié de préciser quels pays seraient sollicités, le porte-parole, ancien négociateur de haut rang, a répondu: «Nos frères musulmans. Nous n'avons pas cherché avec acharnement à être reconnus. Mais, si les choses n'avancent pas, nous pourrions y être amenés».

L'élection le mois dernier de Nicos Anastasiades à la présidence de la République chypriote offre toutefois une nouvelle opportunité, a jugé Osman Ertug. «Je dirais que les mois qui viennent seront cruciaux. Il ne s'agit pas que du gaz. Il y a un nouveau dirigeant chypriote grec qui se dit prêt au dialogue», a-t-il ajouté.