Syrie: Chronologie d'une révolte

CONFLIT Retour sur les grandes dates qui ont jalonné ce conflit, qui dure depuis le 15 mars 2011...

Bérénice Dubuc avec AFP

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Des combattants de l'armée syrienne libre, le 25 octobre 2012, dans la ville de Harem.
Des combattants de l'armée syrienne libre, le 25 octobre 2012, dans la ville de Harem. — REUTERS/Asmaa Waguih

Deux ans de conflit. Depuis le 15 mars 2011, la Syrie est en proie à une révolte contre le régime de Bachar al-Assad. Il y a deux ans, la révolte, calquée sur le modèle des «printemps» tunisien et égyptien, était populaire et pacifique. Mais, le pouvoir ayant conduit une répression sanglante, cette révolte s’est transformée en rébellion armée face aux forces loyales à Bachar al-Assad. Retour sur les grandes dates qui ont jalonné ce conflit.

15 et 16 mars 2011: Le début de la révolte pacifique

Plusieurs rassemblements ont lieu à Damas sous le slogan «pour une Syrie sans tyrannie». Plusieurs manifestations contre le pouvoir sont ensuite violemment réprimées dans la capitale et à Deraa, dans le sud du pays. Le régime dénonce une «rébellion armée de groupes salafistes».

Avril-Juillet: Après la répression, la radicalisation

Le 21 avril, Bachar al-Assad lève l'état d'urgence en vigueur depuis 1963. Dès le lendemain, des dizaines de morts sont comptabilisés. La contestation s'étend et se radicalise avec des appels à la chute du régime.

Le 30 juillet, le colonel Riad el-Assaad, déserteur réfugié en Turquie, annonce la création de l'Armée syrienne libre (ASL) pour combattre le régime. Le lendemain, une vaste offensive de l'armée à Hama, dans le centre du pays, fait une centaine de morts.

Août: La réaction de la communauté internationale

Le 18 août, Barack Obama et ses alliés occidentaux appellent Assad à partir. Une série de sanctions internationales sont ensuite votées contre le régime syrien, et contre des dirigeants des Gardiens de la révolution iraniens accusés de l'aider à mater la contestation.

Octobre: La rébellion s’organise politiquement

Le 2 octobre, le Conseil national syrien (CNS) est créé.

Mars 2012: Un an après, la rébellion tient toujours

Malgré les avancées de la rebellion, le 1er mars 2012, l'armée prend le contrôle du quartier de Baba Amr, bastion de la rébellion à Homs, après des semaines de siège.

En avril, un cessez-le-feu censé entrer en vigueur en vertu d'un plan de paix de Kofi  Annan est complètement ignoré. Le 16 juin, les observateurs de l'ONU chargés de surveiller ce cessez-le-feu suspendent leurs opérations.

Juillet: Tortures et violences

Le 3 juillet, Human Rights Watch dénonce un «archipel de la torture», avec des dizaines de milliers de détenus.

Le 17 juillet, les rebelles lancent la bataille de la «libération» de Damas, mais sont repoussés par une contre-offensive de l'armée. Depuis, celle-ci ne cesse de repousser les tentatives des rebelles d'entrer dans Damas et bombarde par air et à l'artillerie lourde les poches de résistance à la périphérie. Le lendemain, quatre hauts responsables de l'appareil de Sécurité, dont le beau-frère d'Assad, sont tués dans un attentat à Damas.

Le 19 juillet, un troisième veto russo-chinois à l'ONU empêche le vote d’une résolution menaçant le régime de sanctions. Le 28 juillet, l'armée lance l'assaut sur Alep, deuxième ville du pays, située dans le nord.

Janvier 2013: Vers une résolution politique du conflit?

Le 6 janvier, Assad propose un plan «politique», impliquant son maintien au pouvoir, pour négocier un accord de paix. L'opposition exige son départ comme préalable à toute solution.

Le 26 janvier, l'Otan annonce que ses premiers missiles Patriot à la frontière syro-turque sont opérationnels.

Le 30 janvier, Ahmad Moaz al-Khatib, le président de la Coalition nationale de l'opposition, qui inclut le CNS, se dit prêt, sous conditions, à des discussions directes avec des représentants du régime.

Février 2013: Les violences reprennent de plus belle

Le 22 février, un attentat à Damas fait au moins 83 morts. Une série d'attentats meurtriers ont frappé ces derniers mois le pays, revendiqués pour la plupart par le Front djihadiste Al-Nosra, placé par Washington sur sa liste des «organisations terroristes».

Le 25 février, le chef de la diplomatie syrienne, Walid al-Mouallem, affirme pour la première fois que le régime est prêt au dialogue avec les rebelles armés.

Mars 2013: L’Occident à la rescousse

Le 6 mars, les rebelles s'emparent entièrement et pour la première d'une ville, Raqa, dans le nord-est du pays. Les rebelles ont avancé dans le Nord et l'Est, alors que l'armée se maintient à Damas, dans le centre et l'Ouest.

Le 14 mars, un responsable des rebelles annonce que le premier contingent de rebelles syriens formés en Jordanie par l'armée américaine repart en Syrie pour combattre. Le même jour, la France et le Royaume-Uni ont appelé leurs partenaires européens à lever rapidement l'embargo sur les livraisons d'armes à l'opposition syrienne, faute de quoi, a prévenu François Hollande, Paris pourrait agir unilatéralement.