Vers une révision de la Constitution birmane

Avec Reuters

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Le Parlement birman a entrepris vendredi une première démarche vers une révision de la Constitution rédigée par l'ex-junte militaire, qui, en l'état, empêche la chef de file de l'opposition, Aung San Suu Kyi, d'accéder à la présidence. La Constitution, ratifiée au terme d'un référendum truqué en 2008 et jugée par beaucoup antidémocratique, interdit à une personnalité politique dont le conjoint ou les enfants ont une nationalité étrangère d'être candidat à la présidence ou à la vice-présidence du pays. C'est le cas d'Aung San Suu Kyi, dont l'ex-mari Michael Aris était britannique, comme le sont leurs deux fils.

La Constitution réserve en outre un quart des sièges du Parlement à des militaires, qui sont désignés par le chef des forces armées. La révision constitutionnelle a été proposée par Aye Myint et Thein Zaw, deux anciens généraux et hauts responsables de l'USDP (Parti de la solidarité et du développement de l'Union), soutenu par l'armée, a déclaré Ohn Kyaing, membre du parti de Suu Kyi.

«Ils semblent avoir compris qu'il est essentiel d'amender la Constitution actuelle pour que le pays puisse devenir une authentique démocratie», a dit Ohn Kyaing. La junte militaire s'est retirée du pouvoir en mars 2011, lors de la prise de fonctions du président Thein Sein, dans la foulée de la victoire de l'USDP aux électoins législatives de 2010, boycottées par la Ligue nationale pour la démocratie (LND) d'Aung San Suu Kyi. La LND siège cependant au Parlement depuis qu'elle a remporté une série d'élections partielles en avril 2012. Elle a fait de la révision de la Constitution sa priorité.