Des armes pour l'opposition

Faustine Vincent

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La France et le Royaume-Uni se posent en francs-tireurs. Les deux pays, favorables à la livraison d'armes à l'opposition syrienne, pourraient voter contre la reconduction de l'embargo européen en Syrie, ont déclaré jeudi le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et le président Hollande. L'unanimité des Vingt-Sept étant requise pour maintenir l'embargo, leur veto suffirait à le lever automatiquement. «On ne peut pas accepter ce déséquilibre actuel : d'un côté, la Russie et l'Iran qui livrent des armes à Bachar [al-Assad] et, de l'autre, des résistants qui ne peuvent pas se défendre», a expliqué Laurent Fabius sur France Info. «Nous devons donner [à l'opposition] les moyens d'obtenir enfin gain de cause, c'est-à-dire le départ de Bachar al-Assad», a ajouté jeudi François Hollande. Paris et Londres, qui espèrent convaincre leurs partenaires, vont demander d'avancer la réunion des Vingt-Sept sur le sujet, prévue à la fin mai.

Selon un responsable français de haut rang, la livraison à l'opposition de missiles sol-air susceptibles d'abattre les avions du régime syrien est envisagée. «Ça ne veut pas dire du tout que nous abandonnons la solution politique, assure le porte-parole du Quai d'Orsay. Mais Bachar al-Assad ne veut pas bouger parce qu'il pense avoir la supériorité permanente par les armes. En fait, lever l'embargo est l'un des seuls moyens qu'il reste pour faire bouger politiquement la situation.» La Russie a estimé jeudi qu'«armer l'opposition est une infraction au droit international».