Jorge Mario Bergoglio, un discret pape argentin

RELIGION Qui est Jorge Mario Bergoglio, le nouveau pape?...

Anne-Laëtitia Béraud

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Jorge Mario Bergoglio, le 13 février 2013.
Jorge Mario Bergoglio, le 13 février 2013. — JUAN MABROMATA/AFP

De notre envoyée spéciale à Rome

«Habemus Papam», nous avons un pape. Et c’est un discret Argentin, connu pour son combat contre la pauvreté, Jorge Mario Bergoglio, qui a été élu mercredi par les cardinaux à la tête d’une communauté d’1,2 milliard de fidèles.

C’est la première fois qu’un sud-américain, jésuite, devient pape. L’archevêque du diocèse de Buenos Aires (Argentine) a choisi de prendre le nom de François Ier. Un homme, un symbole, et une voix qui porte. Issu d’une famille modeste d’origine italienne, Jorge Mario Bergoglio a été ordonné prêtre en 1969, et «créé» cardinal par Jean-Paul II en 2001.

Goût pour la simplicité

C’est son goût de la discrétion, sa dénonciation du libéralisme sauvage d’un monde globalisé, tout comme la proximité avec ses fidèles qui l’ont peu à peu imposé comme une autorité morale. Un prêtre, passé par la sierra avant de rejoindre Buenos Aires, qui se démarque par sa simplicité. Nommé à Buenos Aires, la capitale argentine, il refuse le luxe de la résidence qu’on lui réserve pour prendre un petit appartement, à proximité de son église. Il prend le bus pour aller de paroisse en paroisse. Il va dormir dans un bidonville chez l’un de ses prêtres menacé par les trafiquants de drogue.

>> Le portrait en images de Jorge Mario Bergoglio, c'est par ici

En 2009, il déclare que la lutte contre la pauvreté est un combat  pour les droits de l’homme. Un combat contre l’extrême pauvreté, qui ronge certaines parties du continent sud-américain, touchant également l’Argentine, plongée dans la crise à la fin des années 1990. Président de la Conférence des évêques d’Argentine de 2005 à 2011, l’homme est également une voix politique, qui a dénoncé à plusieurs reprises l’autoritarisme des époux Kirchner, successivement à la tête de l’Argentine.

Accusé par ses détracteurs de n’avoir pas suffisamment agi contre la dictature argentine, l’homme a pourtant sauvé plusieurs personnes des tortures et de la mort.