Berlusconi repart à l'offensive contre les magistrats

Avec Reuters

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Empêtré dans ses déboires judiciaires, Silvio Berlusconi promet de livrer une «bataille au Parlement» contre les magistrats de gauche accusés d'acharnement à son endroit. L'ancien président du Conseil italien, inculpé notamment de fraude fiscale et pour des relations sexuelles tarifées avec une prostituée mineure (Rubygate), a effectué un retour surprise sur la scène politique lors des récentes élections parlementaires qui n'ont pas permis de dégager une majorité claire.

Dans un entretien à l'hebdomadaire Panorama à paraître vendredi, le «Cavaliere» déclare: «Les initiatives répétées de magistrats pour des procès ouverts, qui répondent à des motivations politiques, ne sont plus tolérables».

Conflit exacerbé

Il promet de croiser le fer avec ces juges au sein du nouveau Parlement en leur reprochant de chercher à saboter son alliance de centre droit arrivée en deuxième position en nombre d'élus. «C'est un combat que nous ne pouvons pas perdre si on ne veut pas que l'Italie continue d'être un pays dans lequel il n'existe pas de protection pour quiconque se consacre au service de l'Etat», explique-t-il dans cet entretien.

Le chef de file du Parti de la liberté (PDL) est souvent entré en conflit avec les magistrats durant ses deux décennies de vie politique mais le conflit s'est exacerbé ces derniers jours avec la fin prochaine du procès du «Rubygate» à Milan.

Il y a quelques jours, des élus du PDL avaient manifesté devant le palais de justice de la capitale lombarde où le «Cavaliere», qui est âgé de 76 ans, est actuellement jugé pour cette affaire. Le chef de l'Etat, le président Giorgio Napolitano, était alors publiquement intervenu pour réfuter les accusations sur de prétendus préjugés politiques des magistrats et appeler au «respect des règles strictes de conduite» de la part des responsables de l'institution judiciaire.

Au début du mois, Silvio Berlusconi avait été condamné à un an de prison pour violation du secret de l'instruction dans un scandale bancaire remontant à 2005. Silvio Berlusconi fait également l'objet d'une enquête pour corruption politique présumée.